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Catégorie : Chili

Torres del Paine : trois petites tours et puis s’en vont !

Torres del Paine : trois petites tours et puis s’en vont !

Du 14 au 21 mars

En ce mardi matin, nous quittons El Calafate à 8h30 direction de Puerto Natales, six heures de route et une traversée de frontière plus loin. Nous revoilà donc au Chili, cela nous fait presque bizarre de passer une frontière en bus ! En tout cas, cela prend plus de temps qu’à pied : tout le bus fait la queue pour faire tamponner son passeport, deux fois, et les chiliens étant plus stricts que les argentins sur les imports de nourriture, il faut en prime passer aux rayons X tous les bagages à la recherche d’un potentiel fruit ou morceau de viande.

Arrivés à Puerto Natales, nous nous installons dans une auberge fort agréable, Yagan House puis nous mettons en quête d’un supermarché pour faire le plein en prévision de notre dernier long trek en Patagonie : le circuit W de Torres del Paine.

Le lendemain est jour de repos. Nous commençons par nous rendre au terminal de bus afin de réserver notre billet Puerto Natales – Ushuaia pour la semaine suivante puis déambulons dans la ville, le long du fjord qui relie celle-ci à l’océan Pacifique via un labyrinthe de bras de mer, et terminons dans le centre, profitant du beau temps et de la fraîcheur qui règne sous ces latitudes.

Un des parcs de Puerto Natales
Un des parcs de Puerto Natales
Une des rues
Une des rues
une autre rue
une autre rue

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En bord de mer
En bord de mer
Bateaux de pêches
Bateaux de pêches
Bateau et cygnes
Bateau et cygnes
Cygnes à cou noir
Cygnes à cou noir

L’après-midi est consacrée à compléter nos provisions, puis nous accueillons Oli dans notre auberge, il pense débuter le trek avec nous le lendemain. En fin d’après-midi, nous nous rendons dans la brasserie Baguales où nous retrouvons Anne-Laure, Guillaume ainsi que Julie (une française) et Marco (un allemand), deux nouveaux venus dans la bande. De retour à l’auberge, nous mangeons avec Oli et réglons le réveil à 6h pour le lendemain.

Nous avons prévu de faire le circuit W en cinq nuits et six jours, d’ouest en est. Depuis octobre 2016, il faut réserver à l’avance ses campings sur le parc pour pouvoir y entrer et rester plusieurs jours (sinon il faut faire une visite à la journée). Cela nous a valu quelques soirées casse-tête lors de notre séjour à Bariloche, où nous avons eu connaissance de ce système, car tous les campings n’ont pas les mêmes disponibilités aux dates voulues…

Mais parce que parfois, mieux vaut une image qu’un beau discours, voici un aperçu de notre circuit.

Notre circuit W
Notre circuit W

Les plus observateurs auront remarqué qu’il manque le 6ème jour, mais lisez donc pour savoir pourquoi !

Jour 1 : de Puerto Natales au glacier Grey

Pour ce premier jour de randonnée, nous avons rendez-vous avec notre navette à 7h30.

Lever de soleil
Lever de soleil vu du bus

Celle-ci nous conduit jusqu’à l’entrée du parc où nous arrivons vers 9h30. C’est l’usine : une demi-douzaine de bus pleins de randonneurs arrivent en même temps et nous faisons tous la queue pour nous inscrire, payer le droit d’entrée au parc (21000 pesos soit une trentaine d’euros) et affirmer aux rangers que nous avons bien réserver nos campings. Ceux-ci ne vérifient rien et nous croient sur parole ce qui arrange bien certains, dont Oli, qui arrivent sans réservation.

Las Torres nous accueillent à l'entrée du parc
Las Torres nous accueillent à l’entrée du parc

Nous prenons ensuite un catamaran pour une traversée de 30 minutes jusqu’au refuge Paine Grande où nous n’avons pas de réservation. Il est 11h30 quand nous nous mettons en route tous les trois en direction du refuge Grey, proche du glacier homonyme, à l’extrémité ouest du circuit W.

Vue sur le chemin vers le point de départ
Vue sur le chemin vers le point de départ
Thomas, Julie, Marco et Oli dans le bateau
Thomas, Julie, Marco et Oli dans le bateau
Les montagnes, vues du bateau
Les montagnes, vues du bateau
Vue depuis le bateau
Vue depuis le bateau
Une renarde et son petit
Une renarde et son petit au camping

Après une heure de marche, nous nous arrêtons pour pique-niquer au bord d’un lac, sous l’oeil affûté de rapaces qui n’attendent que notre départ pour grappiller les quelques miettes tombées de nos sandwichs.

Un des rapaces
Un des rapaces

Nous repartons ensuite d’un pas tranquille vers Grey, et parcourons ces 11 km en 4 heures (j’ai bien dis « tranquille »). En chemin, nous nous arrêtons aux différents miradors permettant d’observer le glacier. Nous observons également les effets des pluies torrentielles de la semaine précédente, qui ont valu au parc quelques jours de fermeture : certains cours d’eau débordent largement sur le chemin et nous sautons de cailloux en cailloux pour éviter de se mouiller les pieds.

Nuageux, mais sauvage
Nuageux, mais sauvage
Thomas devant le glacier Grey
Thomas devant le glacier Grey
Bord de lac
Bord de lac

Arrivés au camping Grey, nous récupérons notre étiquette à coller sur la tente et Oli obtient sans soucis une place, alors même que le camping était annoncé comme complet en ligne. Nous voilà rassurés, Irène et moi passons la fin d’après-midi face au glacier, à jouer avec les icebergs qui s’en sont détachés et à manger de la vraie glace de glacier ! Ça n’a pas de goût.

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Glacier et miettes d'Iceberg
Glacier et miettes d’Iceberg
Glacier Grey
Glacier Grey
Iceberg
Iceberg
Thomas pêche un iceberg
Thomas pêche un iceberg
Dégustation d'iceberg
Dégustation d’iceberg

De retour au camping, nous profitons de la salle commune où il fait bon cuisiner et pouvons même prendre une douche chaude ! Une première en trek pour nous, nous sommes loin du confort sommaire de l’Overland Track. Il y a même un petit supermarché pour ceux qui souhaiteraient compléter leur garde-manger. Pour nous, c’est déjà prévu : pâtes aux saucisses et poivrons, un grand luxe car c’est notre premier jour et nous avons encore des produits frais. Pour la sauce tomate, nous employons une technique de randonneurs apprises avec nos amis : nous utilisons une soupe à la tomate en sachet que nous ajoutons à l’eau des pâtes, légèrement égouttées, en fin de cuisson. Ça passe bien (et c’est quelqu’un qui déteste les tomates crues qui vous le dit).

Jour 2 : de Grey à Italiano

Pour ce deuxième jour de randonnée, 18 kms au programme. Nous devons revenir sur nos pas jusqu’à Paine Grande, où le catamaran nous a déposé la veille, puis continuer pour 7 kms vers le refuge Italiano.

Nous partons vers 11h, sous le soleil, après avoir pris notre temps pour petit-déjeuner et ranger nos affaires. C’est le bon côté du système de réservation : n’ayant pas obtenu les campings voulus pour faire des étapes plus longues, nous pouvons prendre notre temps.

Le glacier au loin
Le glacier au loin
Irène devant le glacier
Irène devant le glacier
Passage boueux
Passage boueux

Nous arrivons à Paine Grande vers 14 h et décidons d’y déjeuner, profitant de la salle commune du camping pour faire chauffer de l’eau à l’abri du vent. Nous voyons deux renards jouer sous les fenêtres de la salle et au milieu des tentes. Très peu sauvages, ils ne prennent pas peur lorsqu’on s’approche pour les photos.

Renardeaux
Renardeaux

Après 1h30 de pause, nous repartons vers le camping Italiano où nous arrivons vers 17h. C’est l’un des campings gratuits gérés par les rangers, également soumis à réservation, mais nous rencontrons plusieurs personnes qui s’y installeront sans soucis, avec ou sans accord. En effet, de nombreux emplacements sont disponibles, peut-être car nous sommes en fin de haute saison ?

Oli et Thomas qui repartent d'un bon pied
Oli et Thomas qui repartent d’un bon pied
Un des beaux lacs
Un des beaux lacs

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Détail de la montagne
Détail de la montagne
une fôret d'arbres blancs
une fôret d’arbres blancs
Arrivée au camping Italiano
Arrivée au camping Italiano
L'eau bien fraîche pour nos gourdes
L’eau bien fraîche pour nos gourdes

Confirmation de la réservation faite auprès des rangers, nous plantons la tente et nous voilà installés sur une des tables à boire du thé et discuter avec les randonneurs. Nous y croisons Julie et Marco, qui ont à peu près le même parcours que nous avec un jour d’avance et de nouvelles personnes, comme Connor, un américain qui nous raconte ses aventures dont sa traversée Canada-Mexique à pied, en quatre mois et demi, le long de la côte Pacifique, à raison de 50 kilomètres par jour, 6 jours sur 7. Impressionnant !

Jour 3 : la vallée del Francés

Comme la veille, ce troisième jour de randonnée est assez tranquille. Nous décollons sur les coups de 11h en laissant notre sac à dos devant la guérite des rangers pour la première étape de la journée : un aller-retour dans la vallée del Francés jusqu’au mirador Británico.

Cette étape constitue la branche du milieu du W : un dénivelé positif de 500 mètres sur 5 km que nous avalons tranquillement en 1h45. Arrivés au point de vue, nous nous y posons pour pique-niquer et restons admirer les lieux, un peu couverts, avant de repartir pour la descente une heure plus tard. Nous mettrons quasiment autant de temps pour redescendre car en route, nous croisons Guillaume et Anne-Laure, qui ont commencé le W un jour après nous, dans le sens inverse. Nous sommes donc restés discuter sur le chemin avant de continuer.

Le glacier Frances
Le glacier Frances
A Britanico
A Britanico
La rivière qui s'écoule des glaciers
La rivière qui s’écoule des glaciers
Couleurs automnales
Couleurs automnales
Torrent et couleurs d'automne
Torrent et couleurs d’automne
Rouge d'automne
Rouge d’automne
Vue du mirador Britanico
Vue du mirador Britanico
les montagnes de la vallée Francès
les montagnes de la vallée Francès

De retour au camping, nous récupérons nos sacs et nous mettons en route pour le camping Francés, où nous avons une réservation pour le soir. Celui-ci est situé seulement à 2 kilomètres de là, sur du plat. Trente minutes plus tard, nous y sommes et obtenons notre autocollant pour la tente. Malheureusement, pas de chance pour Oli, il n’y a pas de place pour lui… Il décide donc de continuer jusqu’au camping Los Cuernos, 3 km plus loin.

De notre côté, nous nous installons sur une des plateformes mises à disposition : le camping est situé dans une pente très abrupte donc il n’y a pas moyen de planter sa tente à même le sol, ceci explique le nombre de places limitées.

Installation sur la plateforme
Installation sur la plateforme

Comme pour tous les campings payants du parc, celui-ci est équipé d’un bloc sanitaire avec douches chaudes. Et quelles douches ! Les locaux sont visiblement neufs : la douche est à l’italienne et les lavabos sont des vasques stylées digne d’une pizzeria un peu chic. Après cet instant de confort, nous retournons sur notre plateforme manger. Pas de pizza pour nous, mais une soupe en poudre et un repas déshydraté, acheté en Nouvelle-Zélande en prévision d’une longue rando en Amérique Latine !

Jour 4 : de Francés à l’entrée du parc

Une quinzaine de kilomètres nous attendent aujourd’hui pour rejoindre l’entrée du parc, où plus exactement le « camping central » situé à l’extrémité est du W. Nous partons un peu avant 11h (mais que nous est-il arrivé !?) et marchons jusqu’au point de vue Los Cuernos où nous pique-niquons sous une pluie fine.

Sur la route vers le camping central, nous croisons un couple d’australiens qui dormaient à la même auberge que nous ainsi qu’Anderson, un calédonien rencontré lors de notre traversée de frontière à pied et qui, n’ayant pas de réservation, a décidé de faire la partie est du W en une journée. Il descend des Torres, qu’il a pu voir avant que le temps se dégrade et fonce jusqu’au mirador Los Cuernos avant de rejoindre l’entrée pour rentrer à Puerto Natales.

Un des lacs
Un des lacs
Quelques îlots
Quelques îlots
Devant un des lacs
Devant un des lacs
Reflet
Reflet
Reflet
Reflet
Traversée de pont
Traversée de pont
Pluie
Pluie

Nous arrivons au camping vers 17h, profitons d’une accalmie pour planter la tente et, après un petit tour dans les environs, nous voyons Oli qui prépare son repas du soir dans le camping. N’ayant pas eu de chance au deuxième camping la veille, il a doublé son étape et fait les mêmes 15 km que nous dans la soirée, arrivant à la frontale autour de 21h30. Cela lui a permis de profiter de la journée pour monter jusqu’aux Torres et, ayant un bus à 20h, il prend son repas avant de filer vers Puerto Natales où il dormira dans un lit au chaud ce soir.

Renard et montagne
Renard et montagne
Dernier campement
Dernier campement

Nous l’accompagnons dans son repas, il est 18h30, il pleut. Oli parti, nous retournons à la tente, nous faisons une tisane et discutons du plan pour le lendemain : nous sommes supposés dormir au pied des Torres pour notre dernière nuit mais le camping en question n’est qu’à deux heures (peut-être un peu plus avec le gros sac), et il paraît que ça grimpe pas mal. Les prévisions météo sont optimistes pour le lendemain, moins pour le surlendemain donc nous sommes tentés par laisser notre tente au camping, grimper dans la matinée et sauter dans la navette de 14h30 histoire de profiter d’un bon lit au chaud, d’autant que nous savons que tous nos amis rencontrés depuis deux semaines seront réunis dans un pub avant que les routes se séparent.

Seul hic, nous aurions bien voulu voir les Torres au lever du soleil (vers 7h45) mais cela signifie se lever à 4h du matin et grimper à la frontale. Challenge accepted !

Jour 5 : las Torres

4h. Le réveil sonne. J’ouvre la tente, optimiste, car nous n’avons quasiment plus eu de pluie depuis le repas de la veille. Je vois les étoiles ! Seuls quelques nuages sont accrochés aux montagnes. Après quelques secondes de concertation, sous forme de grommellements matinaux, nous prenons la décision de… nous lever ! Qui l’eût cru ?

Je mets de l’eau à chauffer à un mètre de la tente sans en sortir et nous nous habillons rapidement. Un thé et quelques biscuits dans le ventre, la lampe frontale sur la tête, nous voilà en route pour 10 km de montée (750 mètres de dénivelé). Nous parlons beaucoup et fort pour nous motiver et annoncer aux potentiels pumas notre présence, histoire de ne pas les surprendre (apparemment, ils n’aiment pas ça). Après 1h30 de montée, nous arrivons au refuge Chileno, d’où sort un trio de japonais, lampe au front. Nous les suivons sur un kilomètre et les dépassons lorsqu’ils s’arrêtent pour enlever une couche de vêtements, ce que nous avons déjà fait depuis quelques temps déjà, la grimpette ça réchauffe !

Nous arrivons sur les coups de 7h au camping situé au pied des Torres (celui où nous sommes censés dormir le soir même) et entamons le dernier kilomètre, 300 mètres de dénivelé, aux premières lueurs du jour. Entre temps, malgré notre optimisme, les nuages sont toujours là… Plus nous grimpons, plus notre moral baisse. Une pluie fine vient s’ajouter à cette épreuve et c’est mitigés que nous atteignons le bord du lac au dessus duquel se dressent les Torres.

Le soleil se lève sur une montagne à moitié couverte par les nuages, nous offrant malgré tout un bel arc-en-ciel. Je trouve un abri sous un gros rocher, protégé du vent et de la pluie, où nous décidons d’attendre quelques minutes en prenant notre deuxième petit-déjeuner à base de céréales.

Lever de soleil et arc-en-ciel
Lever de soleil et arc-en-ciel
A l'abri sous le rocher
A l’abri sous le rocher

Finalement, après quelques minutes d’attente, nous voyons les nuages se dissiper petit à petit. Peut-être que nos efforts seront récompensés ! Et en effet, les Torres se découvrent lentement, nous offrant un instant magique et unique, partagé avec les quelques lève-tôts présents (et qui ne sont pas déjà repartis).

Nuages sur LasTorres
Nuages sur LasTorres
Les tours, complètement visibles
Les tours, complètement visibles
Las Torres
Las Torres
Nous devant las Torres
Nous devant las Torres

Nous savourons le spectacle jusqu’à 9h15 avant de nous remettre en route pour une descente beaucoup plus facile que la montée. Nous avions mis 3h, c’est un peu plus de 2h qu’il nous faudra pour retrouver notre tente qui a eu le temps de sécher. En chemin, nous croisons des hordes de marcheurs, ce qui nous conforte dans notre choix d’être montés tôt, au calme.

Nous devant la vallée qui mène au tour
Nous devant la vallée qui mène au tour
Thomas sur un des ponts
Thomas sur un des ponts
Un dernier regard en fin de randonnée
Un dernier regard en fin de randonnée
L'hôtel au pied des tours
L’hôtel au pied des tours

Au camping, nous mangeons nos dernières rations de tortillas, jambon et fromage prévues pour deux jours en un repas en profitant de notre réchaud pour en faire des quesadillas. Puis nous plions bagage, sous un grand ciel bleu, et nous mettons en route pour marcher les six kilomètres qui nous séparent de l’entrée du parc. En effet, nous ne voulons pas prendre la navette, payante, d’autant que nous avons deux heures devant nous !

Deux kilomètres plus loin, une voiture s’arrête pour nous proposer de nous déposer, sans que nous ayons fait du stop. Nous acceptons de bon coeur, la fatigue commençant à se faire sentir.

Nous ne verrons pas grand chose du paysage jusqu’à Puerto Natales, la sieste s’imposait ! Mais arrivés à destination, un dernier challenge s’offre à nous : trouver une auberge où dormir ! Ayant prévu de rentrer le lendemain, nous n’avons pas de réservation pour ce soir… Nous tentons dans l’auberge que nous avons réservée pour le lendemain, mais elle est pleine. Nous retournons à l’auberge où nous avons dormi avant le trek et laissé quelques affaires : pleine. Je pars chercher un logement pendant qu’Irène range nos sacs et après quelques essais infructueux, je finis par trouver une auberge pas chère. Nous avons le choix entre un dortoir de 6 places et un de 17, le choix est vite vu !

Épilogue

Comme prévu, le soir même nous rejoignons nos compagnons de route dans la brasserie locale, Baguales où notre tablée s’agrandira au fil de la soirée : un couple australien rencontré à El Chaltén, le couple de cyclistes américains qui avaient galéré sur la traversée de la frontière vers El Chalten, des randonneurs croisés sur le W deux ou trois jours auparavant et, bien sûr, Oli, Guillaume, Anne-Laure, Julie, Marco et Anderson. Seuls manquent à l’appel Christian et Romina, qui arrivent le lendemain en ville (nous donnant l’occasion de les voir car nous sommes les seuls à ne pas partir le lendemain).

Une sacrée équipe !
Une sacrée équipe !

Autour de quelques bières locales et de burgers corrects (mais toujours meilleurs que nos plats de campings), nous discutons de tout et de rien, conscients que c’est la dernière fois que nous sommes tous réunis en Patagonie. Le lendemain, certains continuent vers Punta Arenas pour tenter d’y voir des pingouins impériaux, d’autres rejoignent Puerto Williams pour une dernière randonnée de cinq jours, offrant de superbes vues sur le Cap Horn, tandis que nous avons un bus le surlendemain pour Ushuaia, dernière étape de notre voyage en terres australes américaines.

De Villa O’Higgins à El Chaltén : une traversée épique

De Villa O’Higgins à El Chaltén : une traversée épique

Du 3 au 5 mars

Nous quittons Tortel à 16h30 en direction de Villa O’Higgins, dernier village de la Carretera Austral, route mythique chilienne. Cette étape représente 3h sur route, non bitumée bien sûr, entrecoupées d’une quarantaine de minutes de ferry.

Au-delà de Villa O’Higgins, le seul moyen de continuer à descendre vers le sud est de rejoindre l’Argentine à pied, un trajet qui se fait normalement en deux jours. La première étape est de prendre un ferry pour traverser le Lago O’Higgins jusqu’au poste frontière chilien à Candelario Mancilla,puis de marcher 22 km jusqu’au poste frontière argentin où nous comptons camper, au bord du Lago del Desierto. De là, le plus simple est de prendre un deuxième ferry sur le lac puis un bus vers El Chaltén, en Argentine. Plus compliqué, mais aussi plus « sympa » et surtout gratuit face au prix élevé du ferry, marcher 12 km le long du lac pour attraper un bus (ou faire du stop avec un peu de chance).

Ayant un peu de temps pour rejoindre Torres del Paine au Chili, nous nous sommes dit que ça pourrait être sympa de tenter l’aventure.

20h30, nous voici donc à Villa O’Higgins, petit village bien calme. Le bus se vide et nous nous mettons en quête d’un supermarché ouvert car notre ferry, réservé lors de notre passage à Cochrane, est prévu pour le lendemain à 8h et nous cherchons à compléter nos réserves pour les pique-niques.

Avant de chercher un logement, nous nous mettons en quête de l’agence d’excursions avec laquelle nous avons réservé le ferry afin de confirmer le lieu de rendez-vous. Nous sommes accompagnés par Oli (Oliver), un anglais rencontré dans le bus qui a le même programme que nous. Mais impossible de trouver l’agence, l’adresse que j’ai ne correspond à rien de réel et les instructions données par le seul habitant rencontré ne nous avancent pas plus… De guerre lasse, nous nous dirigeons vers le camping où nous pensions loger et l’employé nous indique la bonne adresse. Oli et moi y allons pendant qu’Irène monte la tente.

Arrivés à l’agence, c’est en fait Marcus, le patron et propriétaire du bateau, qui nous accueille tout dépité : les conditions météo du lendemain ne permettent pas de prendre la « mer » et nous devons décaler notre départ au samedi. Qu’à cela ne tienne ! Voilà une belle opportunité pour nous de découvrir ce village et ses alentours et c’est plutôt content de ce contretemps que je rentre annoncer la nouvelle à Irène.

De retour au camping, nous mangeons tranquillement puis entamons la conversation avec d’autres français présents et un couple suisse, partageant nos expériences et récoltant les informations sur nos futures étapes. Nous nous couchons ce soir-là vers 1h du matin, sans se douter que certaines des personnes rencontrées seront nos compagnons de voyage pour les dix prochains jours !

Jour 1 : découverte de Villa O’Higgins

N’ayant pas à nous lever, nous profitons du calme relatif du camping, situé à 100 mètres de la piste de l’aéroport (comme tout le village) pour faire une grasse matinée. Le temps est plutôt clair, nous nous baladons au « centre », faisons quelques courses et découvrons ce village créé en 1966 pour marquer le territoire chilien.

Le bâtiment principal du camping
Le bâtiment principal du camping
La place d'armes, place principale
La place d’armes, place principale
L'église et le musée
L’église et le musée
Maisons colorées
Maisons colorées

Après un repas tardif, à l’heure chilienne, nous décidons de monter jusqu’au mirador, une des randonnées accessibles depuis le centre et offrant un point de vue assez impressionnant sur les environs. Après une heure de grimpette, nous atteignons le drapeau chilien qui marque le sommet du sentier et profitons d’une éclaircie pour faire quelques photos avant de redescendre.

Vue sur les lacs
Vue sur les lacs
Villa O'Higgins vue de haut, avec une piste d'atterrissage plus longue que la ville
Villa O’Higgins vue de haut, avec une piste d’atterrissage plus longue que la ville
Vue sur le lac
Vue sur le lac

De retour à l’auberge, nous passons la soirée en compagnie du groupe de la veille : Guillaume et Anne-Laure (français), Oli, Christian et Romina (suisses), Anderson (français) et Andy (australien). Nous partons tous le lendemain matin vers l’Argentine mais dans des bateaux différents. En effet, trois ferries se partagent le trajet, en alternance en fonction des jours. Sauf que notre départ ayant été décalé, ce samedi les trois ferries sont au départ. Par chance, celui que nous avons réservé est plus rapide (1h30 de traversée contre 2h30 / 3h). Et comme il n’y a que 12 places à bord, nous devrions pouvoir profiter du chemin en toute tranquillité.

Après une soirée à « refaire le monde » (spéciale dédicace à ceux qui se reconnaîtront), nous voilà au lit plus tôt, histoire d’être frais et dispo pour l’étape du lendemain qui promet d’être longue.

Jour 2 : traversée de frontière, 3ème !

Réveil aux aurores, 6h30 pour un départ programmé à 7h40 depuis l’agence. L’embarcadère se situe à 7 km du village et Marcus, qui veut nous faire économiser 2500 pesos chilien (3,75 €), tient à nous y emmener. Problème, il n’y a pas de place pour tout le monde dans les trois véhicules. Nous nous retrouvons donc entassés à quatre mecs sur la banquette arrière d’un pickup pendant qu’Irène partage le siège passager avant d’un autre véhicule. Nous arrivons sans encombres à destination, en ayant pris soin de saluer le policier de service à la sortie du village en passant et embarquons vers 8h30 pour un départ à l’heure… chilienne.

Fin de la carretera austral
Fin de la carretera austral
Depuis le ferry
Depuis le ferry
Un condor vu du ferry
Un condor vu du ferry
le fjord
le fjord

La traversée est calme, Marcus nous offre bonbons et petits gâteaux et fera même un détour pour nous permettre d’observer un condor. Nous débarquons vers 10h30 à Candelario Mancilla, hameau quasi désert où l’on trouve un camping et un poste frontière. Le camping sert surtout pour les randonneurs qui font la traversée dans l’autre sens et constitue le seul logement disponible si jamais les ferries ne peuvent pas venir les chercher (il n’y a pas de sentier pour contourner le lac O’Higgins). Nous avons d’ailleurs croisé au camping de Villa O’Higgins des voyageurs restés bloqués 3 jours à attendre une amélioration. A noter que certains ferries, après avoir déposé les passagers pressés, continuent jusqu’au glacier O’Higgins, situé au bout du lac pour une sortie à la journée et reviennent déposer les randonneurs moins pressés qui dorment alors à Candelario Mancilla et partent le lendemain.

Mais ce n’est pas notre cas, notre ferry s’arrête ici et nous descendons tous. Nous sommes seulement 9 randonneurs à marcher sur le kilomètre qui nous sépare du poste frontière chilien où nous faisons tamponner chacun à notre tour nos passeports : nous voilà officiellement sortis du Chili (mais encore sur son territoire). 4 des randonneurs partent pour une balade de quatre jours vers le glacier, nous nous retrouvons à cinq : Guillaume, Anne-Laure, Oli, Irène et moi.

L'arrivée près de la frontière argentine
L’arrivée près de la frontière argentine

Nous partons donc, vers 11h30, les lenteurs de l’administration sont les mêmes partout, pour 14 km sur le territoire chilien. Cette première partie est relativement facile : nous marchons sur une route en terre, prévue pour laisser passer un 4×4 et malgré les 6 premiers kilomètres de montée et le poids du sac à dos plus important qu’à l’accoutumée (nous devons porter toutes nos affaires, pas d’auberge où en laisser une partie), nous arrivons assez vite en haut où nous nous posons pour un pique-nique face au Fitz Roy, la montagne mythique argentine, qui nous fait l’honneur de se découvrir devant nous.

Début des 20 km, on marche avec entrain
Début des 20 km, on marche avec entrain
Vue sur le Fitz Roy
Vue sur le Fitz Roy
Le lac
Le lac

Nous reprenons la route, longeons une piste d’atterrissage d’urgence, nous faisons dépasser par un couple de cyclistes qui effectue la traversée à vélo, et atteignons la frontière aux alentours de 15 h.

Il nous reste 6 km à parcourir jusqu’à notre campement. Sauf que là, ça se corse : les argentins n’ont fait aucun effort d’aménagement et la route carrossable se transforme en chemin difficilement praticable. Nous alternons entre zones marécageuses, zones boueuses, buissons à traverser, petits sentiers à flanc de colline et, bien sûr, traversée de ruisseaux à gué. Nous doublons les deux cyclistes rencontrés plus tôt, qui ont bien du mal à se frayer un chemin avec leurs VTTs. Trouvant qu’après 19 km de marche, mes pieds étaient encore bien secs, cela n’a pas loupé : j’ai testé pour vous la fraîcheur des ruisseaux patagoniens. Et mon pied gauche trouve qu’ils sont frais…

Saut de frontière
Saut de frontière

Heureusement, un kilomètre plus loin, nous voilà enfin arrivés au poste frontière argentin où nous obtenons sans problème le tampon d’entrée dans le pays, distribué par un officier en jogging (remplacé après quelques minutes par son homologue en uniforme). Contents d’être arrivés, nous posons enfin nos sacs et plantons nos tentes sous les arbres proches avant de mettre de l’eau à chauffer pour les premières tisanes de la soirée. Le reste des troupes, débarquées par les ferries suivants, arrivent au compte goutte en fonction des rythmes de chacun. Et nos amis cyclistes arrivent bons derniers après quelques heures de galère dans la boue et les racines des arbres argentins. Pour eux, c’est la libération : ils prennent le premier ferry de la journée le lendemain.

Au camping, cure de thé pour se réchauffer
Au camping, cure de thé pour se réchauffer
Les chevaux des gendarmes
Les chevaux des gendarmes

D’ailleurs, pas de ferry prévu pour ce soir : ceux qui avaient prévu de rejoindre directement El Chaltén se voient donc obligés de camper. Nous croisons entre autre un allemand qui n’a pas de tente et se retrouve donc dans l’embarras. Heureusement, il trouvera un logement auprès de campeurs ayant une place en trop dans leur tente.

Jour 3 : l’enfer argentin

Après un réveil plutôt tardif, sur les coups de 9h, Irène et moi quittons le campement dans les derniers, vers 10h. Quel plaisir de mettre son pied sec dans une chaussure encore mouillée et fraîche. Aujourd’hui, chacun marche à son rythme, nous doublons quelques personnes mais le chemin est aussi difficile que la veille et le poids du sac à dos n’aide pas.

Début de la journée, encore motivé
Début de la journée, encore motivé

Le sentier, principalement dans les bois, est ponctué de points de vue sur les montagnes alentours et nous pouvons voir le glacier qui descend sous les nuages. En milieu de journée, quelques rayons de soleil viennent éclairer notre route et nous accompagneront jusqu’à l’arrivée, après 4h45 de marche éreintantes.

Que d'obstacles !
Que d’obstacles !
Quel bout de bois semble le plus stable ?
Quel bout de bois semble le plus stable ?
Un vrai pont pour finir la traversée
Un vrai pont pour finir la traversée

Nous arrivons quelques minutes après Guillaume, Anne-Laure, Oli et vu le faible nombre de voitures présentes sur le parking, nous nous faisons peu d’illusions quant à nos chances d’être pris en stop. Le chauffeur d’une des navettes ayant aperçu notre groupe, il vient nous proposer son service, nous donnant la possibilité de partir immédiatement (il est 14h45) pour 250 pesos argentins (15€) par personne plutôt que d’attendre la navette de 17h à 200 pesos (celle de 16h est à 400 pesos). Comme nous sommes déjà 5 et que nous savons que d’autres arrivent, Anne-Laure négocie un prix à 200 pesos si nous remplissons le bus. Deux américains et l’arrivée de Christian et Romina plus tard, nous voilà au complet et en route pour El Chaltén, capitale argentine du trek, à 37 km.

Nous y arrivons vers 17h, le chauffeur nous dépose devant un camping où nous plantons notre tente puis nous faisons un tour en ville pour préparer la journée du lendemain : les prévisions météo sont optimistes pour les deux prochains jours donc nous avons décidé de repartir dès le lendemain matin pour deux jours de randonnée dans le coin. Heureusement, pour préparer nos repas nous tombons sur une petite boutique de fromage et charcuterie, où nous faisons le plein car les supermarchés de la ville sont très mal achalandés.
Chose faite, nous nous retrouvons tous dans un restaurant de burger pour fêter notre traversée et épiloguer sur cette première partie de nos aventures communes !

Une étape imprévue sur la Carretera Austral

Une étape imprévue sur la Carretera Austral

Du 28 février au 2 mars

Jour 1 : bus

Ce matin, il pleut sur Puerto Rio Tranquilo. Nous sortons difficilement de notre tanière vers 10h et constatons que le bas de la tente est noir de boue… Nous passons l’éponge sur le dessus de la tente pour enlever un maximum d’eau puis trouvons deux crochets sur le mur d’un hangar pour la suspendre le temps du petit-déjeuner.

Nous nous attelons ensuite au nettoyage avec un seau et notre éponge, cela nous occupe une grosse heure. Vers midi, il est temps de tout ranger si nous voulons avoir le bus vers Cochrane. Nous ouvrons la porte du hangar dans l’espoir de trouver une surface plane et sèche mais c’est assez sale et cela sent la viande avariée. Il y a même encore une scie couverte de chair et des bouts de viande au sol… bizarre. On plie vite fait la tente pour ne pas rester dans ce lieu désagréable !

Toujours sous la pluie, nous partons avec nos affaires sur le dos vers la boutique qui fait office d’arrêt de bus. Il est 12h30 lorsque nous y arrivons et d’après la vendeuse, le bus passe entre 13h et 15h, à l’heure chilienne donc… Il n’y a donc plus qu’à attendre, en sirotant un café bien chaud. Une heure après, nous attendons toujours : je décide d’aller chercher un en-cas pour ce midi. Quasiment toutes les boutiques sont fermées mais je réussi à trouver des empeñadas. Je rejoins Thomas et l’attente se prolonge jusqu’à 14h. Le bus est là et il reste de la place ! Nous mangeons rapidement nos empañadas encore chaudes et nous installons pour 3h30 de bus.

17h30, nous arrivons à Cochrane, ville de passage sans grand intérêt et là, le parcours du combattant commence ! Nous commençons par l’office du tourisme où l’on tombe, ô joie, sur une jeune dame sympathique et efficace. Nous nous renseignons sur les logements pour la nuit, sur les supermarchés où l’on peut trouver des légumes (mais ils ne sont livrés qu’une fois par semaine donc peu de chance d’en trouver) et surtout sur les transports.

Notre but : atteindre Villa O’Higgins, le village le plus au sud de la Carretera Austral, pour ensuite continuer à pied jusqu’en Argentine. De Cochrane, il existe un bus direct qui part le lendemain, mercredi, ou 3 jours plus tard, samedi. Il existe également un bus qui va à Tortel, mais dans ce cas là il faut vérifier que le bus Tortel-Villa O’Higgins circule bien. Un dernier point à vérifier : la place disponible dans le ferry qui part de Villa O’Higgins (VOH pour les intimes) pour nous emmener jusqu’au début de notre randonnée.

Heureusement, la dame nous indique, sur le plan de la ville, les deux agences à aller voir et nous dit qu’elle vend les tickets pour le ferry. Nous commençons donc par demander à l’agence qui gère le trajet Cochrane-VOH mais il n’y a plus de place pour le lendemain.

Nous nous rendons à la deuxième agence, qui s’avère être une boutique de chaussures : il y a des places pour Tortel le lendemain matin. La vendeuse nous donne le numéro de l’agence qui gère le trajet Tortel-VOH. Thomas appelle (heureusement que l’on a du forfait chilien !) mais cette tombe sur la personne de VOH qui ne gère pas le trajet dans le sens Tortel-VOH. Cette personne lui envoie par SMS le bon numéro. Thomas appelle donc ce deuxième numéro qui lui confirme tant bien que mal qu’il y a bien un bus le sur-lendemain, jeudi, de Tortel à VOH ! Banco ! La couverture mobile étant (très) mauvaise à Tortel, Thomas réserve cette portion de trajet par SMS pendant que je retourne à la boutique de chaussures réserver deux places dans le bus du lendemain.

Nous voilà parés : mercredi trajet jusqu’à Tortel le matin puis départ jeudi après-midi vers VOH. Nous filons ensuite à l’office du tourisme pour réserver le ferry, il reste des places pour le vendredi matin, tout se goupille bien ! Nous aurons même la chance de visiter Tortel.

Il est temps maintenant de se mettre à la recherche d’un logement, ce qui n’est pas une mince affaire. Avisant une enseigne, nous frappons et une grand-mère nous ouvre. Le prix des chambres nous semble un peu élevé aussi nous tentons plus loin, mais tout est pris ou alors au même prix. Nous arrivons devant un camping, ou plutôt un grand jardin qui fait office de. Le propriétaire est sur le pas de sa porte et nous explique que nous avons à notre disposition un coin cuisine avec gaz et que l’on peut mettre la tente où l’on veut. Le temps a l’air de s’améliorer, et malgré notre nuit précédente sous la pluie, ce sera camping ce soir ! Et pas n’importe où : dans l’établi, après avoir fait un peu de place au milieu des fourches et des pots de peinture. Un lapin mort est pendu à un clou, une mâchoire de cheval à un autre et sur un troisième il y a un os non identifié. En plus, lorsque nous montons la tente, nous constatons que l’odeur de chair morte du matin s’est imprégnée. Cela créé un cadre pour le moins étrange, voire déroutant pour les petits parisiens que nous sommes, mais nous sommes au sec.

Un peu plus tard dans la soirée, le propriétaire allume même un poêle dans une petite maison dont la pièce unique est équipée de deux canapés et quelques chaises : parfait pour la tisane avant d’aller au lit !

Jour 2 : Tortel, aux airs de bout du monde

8h30, il est l’heure de se lever même si nous aurions bien dormi un peu plus : les chiens et coqs ont donné de la voix toute la nuit et cela ne fut pas de tout repos. Enfin, on a quand même un bus à prendre à 10h.

Il s’agit plutôt d’un mini-bus, de 9 places, et qui nous mène sans encombre à Tortel où nous arrivons sous la pluie à 13h30. Première étape évidemment : l’office du tourisme. Il ne possède pas de carte de la ville mais je peux photographier la grande carte murale. De toute façon, la ville est toute petite et ne possède qu’une rue principale. Plus exactement un ponton, car la ville est construite sur pilotis ! Cela en fait un petit joyau brut perdu au bout d’une route où les passages sont rares, tout comme le soleil !

Devant l’office, nous croisons deux français qui ont eu le courage de camper (le camping municipal est gratuit). Ils nous avertissent cependant : le sol est détrempé et il faut vraiment trouver un bon spot pour ne pas transformer la tente en arche de Noé. Thomas et moi nous mettons en route, il pleut vraiment beaucoup et nous savons que nous allons camper dans les jours qui suivent : nous optons pour l’auberge Gabrielle, qui a une salle commune chauffée et propose des douches chaudes, un luxe ! Les prix ont quand même bien augmenté depuis l’an dernier (2000 pesos de plus par personne), mais nous prenons possession d’une petite chambre au lit d’1m20 de large. Même si la chambre n’est pas chauffée, cela devrait aller pour dormir d’autant qu’il y a 4 couvertures en laine sur le lit.

Vue de notre chambre
Vue de notre chambre

Il pleut, il pleut bergère ! Nos pantalons de pluie, achetés en Nouvelle-Zélande, sont bien utiles ici. Nous partons explorer cette petite bourgade : tout est calme, seuls quelques chiens et quelques touristes se promènent la truffe au vent. Les petites maisons sont mignonnes même si elles sont rudimentaires. Les infrastructures font récentes par contre et bien sûr,  tout est en bois ! Il y a même une petite plage et quelques bateaux. Des tonnes de fushia colorent les rives et servent de garde-manger à des colibris ! Quelle surprise à cet endroit, loin des fleurs et des températures tropicales.

Ville de Tortel
Ville de Tortel
Pensif sous la pluie
Pensif sous la pluie
L'école et un des bâtiments administratifs
L’école et un des bâtiments administratifs
Petite cascade en ville
Petite cascade en ville
Un colibri (cherchez bien !)
Un colibri (cherchez bien !)
Un des kiosques de la ville
Un des kiosques de la ville
Les pilotis qui mènent à la plage
Les pilotis qui mènent à la plage
Prise de hauteur sur la plage
Prise de hauteur sur la plage
Bateaux
Bateaux
Cimetière de bateaux
Cimetière de bateaux
Une mini maison, habitée
Une mini maison, habitée

Nous finissons notre balade par quelques courses (oeufs, saucisses, sauce tomate, fromage et pain) puis allons cuisiner à l’auberge pour les jours suivants. Nous prévoyons quelques difficultés pour se faire à manger si l’on campe aussi nous préférons utiliser une vraie cuisinière tant que cela est possible. Nous passons le reste de la soirée dans cette petite pièce commune bien chauffée à discuter avec les autres locataires, un équipe de biologistes présents pour analyser les populations de cyprès.

Jour 3 : boue et bus

Le ciel est gris, la chambre est froide, dur de quitter notre nid. Nous devons néanmoins rendre la chambre à 10h, donc on s’active ! Quelques tasses de tisanes plus tard, nous quittons l’auberge avec toutes nos affaires vers 11h. Nous souhaitons laisser notre barda dans le local de l’agence de bus mais elle est fermée. Nous laissons donc nos gros sacs dans le mini office du tourisme et décidons de suivre le sentier qui mène aux miradors.

Au début, cela grimpe, cela glisse avec la pluie et la boue mais cela va encore. Ensuite il faut faire attention aux racines glissantes et repérer le chemin entre les buissons. Le premier mirador donne sur la piste d’atterrissage, au milieu d’un marais. Le deuxième mirador donne sur le fjord. Même sous la pluie c’est beau !

Vue sur le fjord depuis le mirador
Vue sur le fjord depuis le mirador
Vue sur la ville depuis le mirador
Vue sur la ville depuis le mirador

Thomas voit sur son GPS que le chemin fait une boucle et, comme notre bus ne part qu’à 16h30, nous décidons de poursuivre pour contourner la ville : mal nous en a pris ! Si le chemin jusque-là n’était pas très praticable, cela devient maintenant un parcours du combattant. Nous passons deux heures à marcher dans la boue, à glisser, à nous écorcher sur les piquants des arbustes et pour finir à patauger dans un ruisseau qui a tout inondé… bref, on s’est même demandé si on allait pas rater notre bus !

Dans la boue
Dans la boue

Nous retrouvons avec joie les pilotis de la ville, puis le café de l’agence de bus. Je décide d’aller chercher nos sacs, restés à l’office du tourisme, mais celui ci est fermé et je ne vois plus nos sacs à travers la fenêtre… je cours voir Thomas qui y retourne et tombe sur un homme qui lui dit que nos sacs sont dans le local juste à côté : les toilettes, ouvertes à tout venant. Nos sacs sont bien là, mais ce fut une petite frayeur.

Deuxième petite aventure : nous réalisons que nous allons arriver vers 20h30 à Villa O’Higgins et que nous risquons de ne pas pouvoir faire de courses ! Il est 16h, notre bus part à 16h30. Je vais à la recherche d’un supermarché, il est fermé, je retourne sur la place me renseigner, on m’en indique un deuxième mais il est vide. Je demande du pain, on m’oriente vers le premier supermarché !  J’y retourne et frappe au carreau. La fenêtre s’ouvre ! Ils n’ont plus de pain, mais j’achète du fromage et du Manjar, le nom chilien du Dulce de Leche (confiture de lait). Entre temps, Thomas a fait la connaissance d’Oliver, un anglais dont vous allez entendre parler dans les prochains articles…

Dernière randonnée en Patagonie

Dernière randonnée en Patagonie

15 mars 2017

Dix jours à peine après notre traversée de la frontière à pied nous revoilà au Chili pour une dernière randonnée de cinq jours, et pas des moindre, puisqu’il s’agit de la randonnée du W de Torres del Paine, un des parcs nationaux chiliens les plus fréquentés.

Depuis cette année, il faut réserver ses campings à l’avance, donc nous savons que pour les cinq prochaines nuits nous dormons sous la tente, avec des températures qui descendent sous la barre des zéros degrés Celsius (et nous sommes en été !).

Nous faisons donc une pause dans les articles et vous disons à dans une semaine, depuis Ushuaia !

Puerto Rio Tranquilo : grottes et glacier

Puerto Rio Tranquilo : grottes et glacier

26 et 27 février

Fin de la journée du 26 : visite des grottes de marbre

Si vous vous rappelez, très chers lecteurs, je vous avais laissé en plein suspens concernant notre activité du 26 après-midi. C’est le moment de lever le voile !

Nous sommes donc arrivés à Puerto Rio Tranquilo à 13h10. Nous demandons au conducteur quelle est la meilleure agence pour visiter les grottes de marbre : il y en a au moins une quinzaine qui s’alignent le long du lac ! Apparemment, toutes se valent et en tout cas, l’agence avec laquelle il travaille organise un tour à 13h30. Il fait beau, cela nous tente bien. On se précipite pour acheter un paquet de chips en guise de repas de midi et c’est parti pour 1h30 de virée en bateau.

Le lac est d’un beau bleu turquoise, le ciel bleu roi et la roche presque blanche ! C’est magnifique, nous avons vraiment de la chance. Nous découvrons avec ravissement cette succession de roches dentelées, qui ressemblent vraiment à du marbre avec les veines de couleur. Le bateau se faufile dans les cavités pour que nous puissions mieux en profiter. La sortie est un vrai plaisir, peut être légèrement gâché par le nombre de bateaux, mais bon, on ne regrette pas !

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De retour en ville, nous récupérons notre gros sac et partons à la recherche d’un camping. Nous nous rendons à celui repéré par Thomas, le camping Bellavista. Il dispose d’une salle commune, non équipée, mais au moins cela fait un endroit où s’installer pour cuisiner et en plus il y a du Wi-Fi !

Une fois la tente montée, nous partons explorer la mini ville pour faire des courses et analyser les offres des excursions au glacier Los Exploradores.

Pour l’analyse des prix, c’est vite fait : les 4 ou 5 agences qui organisent l’excursion proposent la même prestation au même service. Nous choisissons Eco Tour car nous sommes les deux premiers inscrits pour le lendemain, versus 10 participants parfois dans les autres agences. Avec un peu de chance, cela nous fera une excursion privée.

Pour les courses, cela se complique ! Il existe deux petits supermarchés, fermés en ce dimanche après-midi. Nous avisons un vendeur de fruits et légumes, cela sera déjà ça, sachant qu’il nous reste du riz. Nous cherchons néanmoins du pain : 1 boutique, pas de pain, une deuxième, fermée… ah, dans la troisième il y en a !

Comme il est encore tôt, nous décidons d’aller dans le seul bar de la ville, qui fait sa propre bière bien sûr ! Et là, on aperçoit sur la table voisine une assiette qui nous fait rêver : une montagne de frites, de la viande, des oeufs et des oignons ! Nous tentons de nous persuader mutuellement que nous avons déjà fait les courses et que le plat est un peu cher… mais peine perdue, nous craquons sur cette copieuse assiette à partager !

De retour au camping, il est l’heure de se coucher.

Jour 2 : sur le glacier

Une longue journée s’annonce : le réveil sonne à 7h. Heureusement, nous n’avons pas à plier la tente car nous dormons ce soir au même endroit.

Nous sommes à 8h au point de rendez vous : la ville dort encore, le soleil se lève doucement. Deux autres personnes arrivent, puis le guide : nous serons donc un groupe de 4. Le guide distribue les collations pour la journée ainsi que les crampons, guêtres et casque et nous partons dans la navette.

La ville se réveille
La ville se réveille

1h15 de route nous sépare du début de la randonnée : les routes sont en assez mauvais état mais notre guide est le Schumacher local ! Nous faisons une halte près d’une cascade et arrivons enfin à bon port.

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C’est ensuite parti pour 1h30 de marche d’approche du glacier. Le chemin n’offre pas de difficulté à part quelques rochers à grimper, juste de quoi se réchauffer !

Nous arrivons enfin au bord du glacier qui s’étend sur quelques centaines de kilomètres carrés. C’est beau, même avec les gouttes de pluie qui commencent à tomber. Il est temps d’enfiler les crampons et les guêtres et c’est parti pour 3h30 sur la glace !

Une cascade au loin
Une cascade au loin
Le glacier
Le glacier

Nous nous régalons et savourons les formations glaciaires : cavités, arches,… Le temps passe vite ! En plus, notre groupe étant petit, nous avons le temps d’aller plus loin, jusqu’au lac.

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Dans les entrailles du glacier
Dans les entrailles du glacier
Javier, le pro des selfies
Javier, le pro des selfies

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Plein de photos plus tard, nous enlevons les crampons et repartons dans l’autre sens. Nous sommes de retour en ville vers 18h30 et achetons du pain avant de rejoindre le camping sous la pluie.

Cette fois, nous y dînons et trions les photos avant de nous réfugier dans la tente.

Deuxième traversée de la frontière Argentine – Chili

Deuxième traversée de la frontière Argentine – Chili

Du 25 au 26 février

Jour 1 : des heures de bus

Nous commençons notre longue expédition vers le Chili à 5h45.  Pas facile de se réveiller, mais il faut que nous attrapions un des premiers bus locaux pour rejoindre le centre-ville. Avant cela, nous devons récupérer notre linge dans la buanderie et notre nourriture au réfrigérateur.

Nous arrivons vers 6h40 à l’arrêt de bus régional et constatons que la ville est peuplée de jeunes pas encore couchés ! Notre bus arrive à 7h et l’on découvre qu’il part à 7h30 et non 7h45 comme cela était écrit sur notre billet. Heureusement que nous étions en avance !

12 heures de bus plus tard, occupées à dormir et manger du pain préparé par Flor et Natacha  (avec juste un œuf chacun car on a oublié le fromage à l’auberge), nous arrivons à Los Antiguos, petite bourgade argentine située au bord du lac Buenos Aires.

Sur la route quelque part entre Bariloche et Los Antiguos
Sur la route quelque part entre Bariloche et Los Antiguos

Il est un peu tard de tenter le passage de la frontière car même si elle ferme à 22h, il est déjà 20h30 et il y a 5 km de marche à pied pour y arriver. On pourrait tenter le stop mais peu de voitures passent à cette heure.

Los Antiguos, capitale de la cerise
Los Antiguos, capitale de la cerise

Nous plantons donc la tente au camping municipal en essayant de trouver un coin tranquille, loin de la lumière et des enceintes des autres résidents, qui profitent de ce samedi soir pour faire la fête. Nous cuisinons notre dîner sur un banc en écoutant un mélange étrange de chants religieux à notre droite et heavy metal espagnol à gauche.

Il est temps d’aller au lit !

Jour 2 : rencontres heureuses

Rebelote : debouts à 5h45, rangement de la tente éclairés par nos frontales, petit déjeuner rapide (mais heureusement il reste du Nutella) et nous voilà prêts pour parcourir les 5 km qui nous séparent de la frontière. La balade n’est pas désagréable même s’il fait frais et que nous sommes bien chargés. Le jour se lève doucement colorant les montagnes de rose et de orange.

Départ matinal, sac sur le dos
Départ matinal, sac sur le dos
Lever de soleil sur l'Argentine
Lever de soleil sur l’Argentine
Premier objectif de la journée : atteindre le poste frontière avant 8h
Premier objectif de la journée : atteindre le poste frontière avant 8h

Nous arrivons au poste frontière à 7h30, sachant qu’il n’ouvre qu’à 8h. Et là, surprise ! Nous tombons nez à nez avec un couple de français qui logeait dans la même auberge que nous à Valparaiso ! Cela fait plaisir de voir des têtes connues et c’est marrant de se croiser dans ces circonstances.

Comme nous sommes les premiers,  nous passons très vite les contrôles argentins. Nous espérons faire du stop au moins jusqu’à la frontière chilienne, distante de 6 km mais les marcheurs sont nombreux et les rares automobilistes ne peuvent pas tous nous prendre. Thomas et moi partons donc vaillamment le sac sur le dos en faisant du stop quand une voiture passe. A la réflexion, il aurait probablement mieux fallu rester sur place mais bon, nous sommes lancés.

Après 2 km, une navette qui vient du Chili s’arrête à notre hauteur et propose de nous emmener, moyennant finance bien sûr. Nous acceptons car cela nous permettrait d’attendre la ville frontière chilienne, Chile Chico, à temps pour avoir le bus qui mène à Puerto Rio Tranquilo, notre but de la journée. Nous voilà donc dans la navette alors que normalement il n’y a plus de transports en commun entre les deux frontières.

Les contrôles à la frontière chilienne se passent également sans encombre et nous arrivons à Chile Chico vers 9h. Entre temps, notre chauffeur nous dit qu’il connait le conducteur de la navette qui va à Puerto Rio Tranquilo et qui part à 10h. Il annonce le prix, mais Thomas avait repéré moins cher sur internet (heureusement qu’il passe des heures à rechercher les meilleures options ! Ça l’occupe pendant que je trie les photos et sélectionne les meilleures pour le blog). Bref, nous disons au chauffeur que c’est trop cher et il nous conduit à une agence qui gère des tours organisés. C’est quand même 3000 pesos chiliens (4,5 €) de moins par personne !

Nous voilà donc dans la navette avec 3 autres passages dont un japonais qui ne parle ni espagnol, ni anglais ! On se demande comment il arrive à se débrouiller mais bien sûr impossible de lui poser la question car nous ne parlons pas japonais. Cela doit être une aventure intense pour lui. La route est magnifique, nous longeons lacs et rivières (du Connemaraaaa – Michel Sardou) ainsi que de belles montagnes. Le chauffeur fait même 3 arrêts photo dont vous allez pouvoir en profiter aussi !

La laguna Verde
La laguna Verde
Vue sur le lac General Carrera
Vue sur le lac General Carrera
Le Lago Bertrand, une heure avant Puerto Rio Tranquilo
Le Lago Bertrand, une heure avant Puerto Rio Tranquilo

Nous contournons ainsi le lac Buenos Aires qui a changé de nom lors de notre entrée au Chili, puisqu’ici il s’appelle lac General Carrera. 3h30 plus tard nous arrivons à Puerto Rio Tranquilo et il fait super beau ! Il est 13h10, qu’allons-nous faire du reste de la journée ? Déjeuner, trouver un hôtel, partir en rando ?

Réponse dans le prochain article !

Valparaiso aux milles couleurs

Valparaiso aux milles couleurs

Du 13 au 15 février

Un peu d’histoire chilienne avant de raconter notre vie

  • 1520 : Magellan débarque
  • 1541 : création de Santiago par Pedro de Valdivia
  • Guerre contre les Mapuches
  • 1683 : abolition de l’esclavage
  • 1810 : début des revendications pour l’indépendance du Chili
  • 1814 : création de l’armée des Andes, alliant chiliens et argentins
  • 1817 : libération du Chili
  • 1818 : déclaration d’indépendance du Chili, Bernardo O’Higgins devient Commandeur Suprême
  • 1879-1884 : guerre du Pacifique opposant le Chili à la Bolivie et au Pérou, alliés
  • 1883 : victoire du Chili, la Bolivie perd son accès à la mer. En parallèle, le Chili cède une partie de la Patagonie à l’Argentine
  • 1888 : intégration de l’île de Pâques
  • 1973 : coup d’état de Pinochet et dictature jusqu’en 1990, suite au plébiscite de 1988
  • 1989 : élection présidentielle

Jour 1 : repos et immersion dans cette ville bohème

La nuit fut un peu agitée à cause des nombreux bruits de rue dus aux chiens et aux bars environnant, mais nous avons apprécié d’être dans une vraie chambre et non pas sur un bout de mini clic-clac.

Nous restons à l’auberge jusqu’à 14h car le ciel est couvert et les nuages nous fournissent une bonne excuse pour rester tranquilles et discuter avec les autres locataires. Nous apprendrons que Valparaiso est toujours nuageuse le matin mais que cela se découvre vers 14h. Cela s’est avéré exact lors de notre séjour.

Devant notre auberge
Devant notre auberge
Une des ruelles derrière l'auberge
Une des ruelles derrière l’auberge

Nous sortons donc avec le soleil pour explorer notre cerro, colline, le cerro Concepción. Pour Thomas c’est une immersion forte dans le monde hyper coloré, bruyant et animé de Valpo, ville bohème qui a captivé de nombreux marins depuis des dizaines d’années tant pour l’aspect festif que pour le charme des habitantes. Pour moi, les souvenirs reviennent petit à petit mais dans ce dédale de rues, j’aurais été bien en peine de situer chaque graffiti !

Les couleurs de la ville sont dues aux maisons colorées et recouvertes de graffiti : certains auteurs de ces oeuvres ont d’ailleurs une renommée internationale et vous pouvez voir leurs fresques de street art même à Paris.

Quelques oiseaux
Quelques oiseaux
La ville peinte
La ville peinte
Visages sur les murs de la ville
Visages sur les murs de la ville
Quelques graffitis
Quelques graffitis

Une empañadas plus tard, nous nous aventurons dans les ruelles du cerro Alegre, bien plus touristique, avec des restaurants plus luxueux, voire même chers même pour Paris, et des maisons plus grandes et mieux entretenues.

Mon modèle préféré devant le cerro Concepcion
Mon modèle préféré devant le cerro Concepcion
Toujours le même modèle
Toujours le même modèle
Une des maisons élégantes
Une des maisons élégantes
Autre maison
Autre maison
Boutique
Boutique
Surplomb sur le port et la ville
Surplomb sur le port et la ville
Un des funiculaires
Un des funiculaires
La ville
La ville
Le Cerro Alegre
Le Cerro Alegre
Vue sur le cerro Concepcion
Vue sur le cerro Concepcion
Un des vieux ascenseurs
Un des vieux ascenseurs
Happy !
Happy !
Thomas se repose
Thomas se repose
Irène se repose
Irène se repose
Une des places du cerro Alegre
Une des places du cerro Alegre
Cherchez Thomas !
Cherchez Thomas !
Ruelle
Ruelle
Vie de quartier
Vie de quartier

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Reliefs et reflets
Reliefs et reflets
Graffitis
Graffitis

Nous continuons toujours plus au sud vers la place Sotomayor où trônent l’édifice de l’Armada (la Marine chilienne), puis nous descendons vers le petit port, très animé avant de rejoindre le cerro Artillería pour nous balader dans le Paseo 21 de Mayo.  Le quartier est agréable et comme il fait toujours beau, nous ne sommes pas pressés et profitons des lieux.

Vue sur l'armada et les quartiers sud
Vue sur l’armada et les quartiers sud
Le port
Le port

Nous rentrons néanmoins à l’auberge pour manger et passons la soirée, une très longue soirée, à tenter d’organiser la suite de notre séjour ! Premier point : nous voulons faire la randonnée du W à Torres del Paine en Patagonie chilienne mais, depuis cette année, il faut réserver les campings et nous ne le savions pas. Première déception donc, il ne semble pas y avoir de place avant mi-mars. Que faire d’ici là ?  

Deuxième point : la météo. Pour les prochains jours en Patagonie, il n’est prévu que de la pluie ! Cela ne sert donc à rien d’aller sur l’île Chiloé par exemple, ni de prendre le ferry de Puerto Montt à Puerto Natales.

Troisième point : les transports ! Une grosse grosse galère en Patagonie… certains bus ne passent qu’une à deux fois par semaine et bien sûr si l’on veut juste continuer plus loin, cela ne correspond pas aux prochains bus… on a donc un risque de passer presque une semaine au milieu de nulle part uniquement parce que cela ne se goupille pas bien. C’est un vrai casse-tête et on y laisse quelques cheveux.

On se couche vers 2h du matin en conservant malgré tout deux hypothèses pour la suite : l’île Chiloé au Chili ou Bariloche en Argentine. Dans tous les cas, nous visons d’être à Torres del Paine mi mars.

Jour 2 : suite du tour de la ville

Nous sommes un peu plus efficaces que la veille et parvenons à quitter l’auberge vers 12h30, non sans avoir rangé nos sacs car nous changeons de chambre pour la dernière nuit en espérant être moins exposés aux bruits de la rue.

Nous retournons au Cerro Alegre car il nous restait quelques coins à explorer. Nous continuons en grimpant en haut du Cerro Miraflores, passons devant l’ancienne prison réhabilitée en jardin et centre culturel, pour arriver au Cerro Bellavista. Ce quartier possède deux attractions principales : la maison-musée de Pablo Neruda, célèbre poète chilien et le musée à ciel ouvert, une zone où se concentre des oeuvres de street art.

Végétation et art
Végétation et art
Escaliers artistiques
Escaliers artistiques
Fleurs et animaux
Fleurs et animaux
Sur les hauteurs de la ville
Sur les hauteurs de la ville
Photographe
Photographe
Maisons
Maisons
Une image classique dans la ville : les graffitis et les chiens
Une image classique dans la ville : les graffitis et les chiens
L'ancienne prison
L’ancienne prison
Détail de câbles
Détail de câbles

Nous ne visitons pas la maison, mais passons un bon quart d’heure dans le jardin. Je l’avais déjà visité en 2014 et cela ne tente pas trop Thomas.

Nos pieds nous portent jusqu’au musée à ciel ouvert mais en fait, comme toute la ville possède des fresques, cela reste dans l’ambiance !

Une des rues du musée à ciel ouvert
Une des rues du musée à ciel ouvert
Pause et pose
Pause et pose
L'église de Bellavista
L’église de Bellavista
Une des rues de Bellavista
Une des rues de Bellavista
Bellavista
Bellavista

Avant de continuer vers la mer, nous profitons du fait d’être dans un quartier plus populaire pour déjeuner. Nous nous installons dans un petit troquet où deux tables se battent en duel et un comptoir fait le tour de la salle. Nous sommes les seuls touristes présents mais pour nous mettre à l’aise, le patron tend le journal du jour à Thomas  en attendant nos plats. Notre plat, un combo poulet/riz/salade, est consistant. Outre son coût réduit, il aura eu le mérite de nous nourrir pour la journée, et de changer des empeñadas.

Repus, nous passons par le marché puis descendons vers la mer et la longeons en direction de Vina del Mar, la ville qui jouxte Valparaiso. Nous passons devant une plage bondée et le port de pêche où s’alignent des dizaines de petits bateaux aussi colorés que la ville !

Le marché principal
Le marché principal
Une épicerie
Une épicerie
Mouette et Valparaiso au loin
Mouette et Valparaiso au loin
Lions de mer
Lions de mer
Cormorans
Cormorans
Ponton
Ponton
Le port de pêche
Le port de pêche
Le port de pêche et Vina Del Mar dans le fond
Le port de pêche et Vina Del Mar dans le fond
La plage
La plage

De retour en centre ville, nous décidons d’aller boire un verre dans le cerro Alegre mais… nous sommes le 14 février et c’est impossible d’avoir une table sans avoir réservé ! Nous constatons bien vite que c’est le cas dans tous les lieux où l’on peut manger, même les bars. Nous décidons alors de faire quelques courses pour manger à l’auberge et avisons une petite épicerie, tenue par un grand-père un peu sourd même avec ses sonotones ! Nous parvenons néanmoins à acheter 4 oeufs, qu’il emballe avec grand soin dans du papier journal, et deux petits pains, un peu sec.

Nous partons le sourire aux lèvres et atterrissons dans un petit bar à bière près de chez nous, complètement vide. Là nous testons une bière locale avant de rentrer manger.

Le bar vide
Le bar vide

Nous ressortons vers 22h pour profiter de la vie nocturne pour cette dernière soirée à Valparaiso. Notre quartier étant l’équivalent de la rue Mouffetard à Paris, nous nous contentons de descendre de quelques mètres pour ce deuxième verre. La bière n’est pas convaincante, nous changeons de lieu et parvenons à un bar parfait pour nous : choix de bières artisanales et musique hard rock/metal. Les tables poissent un peu évidemment mais ça nous rappelle notre petit bar parisien, le Troll Café. L’heure tourne et nous regagnons nos lits vers 2h.

Jour 3 : dernier jour

Nous émergeons vers 11h : la chambre est super calme ! Nous empaquetons nos affaires et partons en direction du musée de la Marine, bien noté dans les guides. Néanmoins, la moitié des salles est en travaux et l’autre assez peu intéressante car très mal organisée.

Musée de la marine
Musée de la marine

On se balade doucement dans les rues pour rentrer en testant de nouveaux passages et faisons des courses en prévision de notre nuit dans le bus.

Il est l’heure de rejoindre le terminal de bus : départ prévu à 18h pour Osorno. C’est parti pour 14h de trajet. Notre objectif est finalement de rejoindre Bariloche pour y passer deux ou trois jours. A la grande joie de Thomas, le septième épisode de Star Wars est projeté ! La suite de la nuit se passe à peu près sans encombre mais nous sommes tout à côté des toilettes et bénéficions donc des relents et des aller-retours des autres passagers. Cela dit, le bus est assez neuf et tout se passe bien.

Pour savoir combien de temps nous resterons à Bariloche, il faudra attendre le prochain récit !

Santiago, une ville (trop) animée

Santiago, une ville (trop) animée

11 et 12 février 2017

Notre séjour sur le continent américain débute en fait le 10 février au soir, à notre arrivée à l’aéroport.

Nous sommes hébergés par la belle-soeur d’une amie d’Irène qui habite en colocation proche du centre. Pour nous y rendre, nous prenons le bus depuis l’aéroport qui nous dépose à une station de métro. Petit soucis : il est 23h15, les guichets de la station sont fermés depuis 23h, et la machine refuse de nous distribuer des cartes de transport… Nous entendons les métros passer et savons que le dernier métro est proche. Sans solution immédiate autre que le taxi, nous tentons notre chance auprès de l’agent de sécurité qui regarde les horaires sur son téléphone et nous ouvre la porte pour passer sans payer en nous disant de nous dépêcher d’attraper le prochain métro pour avoir notre changement. Comme à l’île de Pâques, nous sommes très bien accueillis et aidés par la population locale. Nous arrivons sans encombre chez Maria Jose (la belle-soeur) et Faviola (la coloc). Et passons le reste de la soirée à discuter avec elles deux et un ami avant de tomber de fatigue dans le canapé.

Levée de lune sur la ville
Levée de lune sur la ville

Jour 1 : découverte des collines de la ville

Nous nous levons à l’horaire locale, c’est-à-dire tard. Après un passage au supermarché pour acheter de l’eau, il fait 30°C déjà, nous nous mettons en route vers le centre.

Nous atteignons la place d’armes, récupérons une carte à l’office du tourisme où on nous explique les différents quartiers à voir puis nous partons en quête d’un téléphone neuf pour Irène. Nous trouvons une boutique Samsung qui semble être la seule à vendre des téléphones débloqués. Cet achat effectué, ce sont nos estomacs qui crient famine et nous nous posons en terrasse dans une petite rue non touristique, donc moins chère, et grignotons des empeñadas.

Ça y est ! Nous sommes enfin prêts à découvrir la ville de long en large. Nous commençons par une balade sur le cerro Santa Lucia, une colline au centre de la ville où a été fondée la ville de Santiago en 1541, par Pedro de Valdivia. Aménagée en promenade, nous grimpons jusqu’au sommet du fort pour un point de vue sur le quartier puis cherchons une sortie du parc, la moitié des grilles étant fermées.

La place principale avec la cathédrale au fond
La place principale avec la cathédrale au fond
Cerro Santa Lucia
Cerro Santa Lucia
Cerro Santa Lucia
Cerro Santa Lucia
Vue depuis le cerro Santa Lucia
Vue depuis le cerro Santa Lucia

Nous poursuivons notre visite par le quartier de Lastarria, deux rues piétonnes où se retrouvaient les artistes.

Nous décidons de traverser la rivière Mapocho, pour nous mener au nord et au cerro San Cristobal. Nous l’atteignons en traversant le quartier de Bellavista, où se situe notamment la maison de Pablo Neruda, avant d’arriver enfin dans un parc d’où part un funiculaire vers le sommet. Nous choisissons bien sûr la solution de facilité et faisons l’ascension à pied. Le parcours n’étant pas fléché (ou plutôt, n’ayant pas vu les panneaux), nous suivons le GPS et remontons sur une pente assez raide, normalement destinée aux VTT…

Près de la maison de Pablo Neruda
Près de la maison de Pablo Neruda
Dans le quartier de Bellavista
Dans le quartier de Bellavista
La St Valentin : hyper kitch au Chili
La St Valentin : hyper kitch au Chili

Au sommet, il y a foule en ce samedi après-midi, tout le Chili semble s’être donné rendez-vous pour grimper jusqu’à la statue de la vierge. Nous y passons, nous passons quelque minutes dans une chapelle fraîche (il fait 32°C dehors) et nous mettons en quête d’un chemin plus facile pour la descente.

Vue depuis le cerro Cristobal
Vue depuis le cerro Cristobal

Celui-ci n’est pas mieux fléché mais le GPS aidant, nous finissons par le trouver derrière une zone en chantier. La suite est, elle, facile à suivre car bien tracée.

Arrivés en bas, nous sommes de nouveau dans le quartier de Bellavista que l’on nous avait conseillé pour prendre un verre. N’ayant pas eu de nouvelle de Fanny, l’amie d’Irène, et comme un bar à bière artisanales locales se profile devant nous, nous nous y installons pour grignoter et goûter les spécialités houblonnées chiliennes.

Vers 20h, nous décidons de retourner à l’appart car nous avons finalement rendez-vous à 22h pour manger avec Fanny. Nous la retrouvons dans un bar près de l’appartement et, rythme chilien oblige, ne nous couchons qu’au milieu de la nuit, vers 3h du matin.

Jour 2 : un petit tour et puis s’en vont

Comme la veille, notre réveil est tardif et nous nous mettons en route vers le centre à 11h. Nous nous baladons sans but précis : il fait chaud mais nous ne sommes pas vraiment motivés pour aller nous enfermer dans un musée.

Ainsi, nous passons devant le palais présidentiel, le palais de justice et différents autres bâtiments d’état avant de tomber à nouveau sur la place d’armes où nous avions manqué la veille la cathédrale, dans laquelle nous entrons quelques minutes avant sa fermeture.

Une des rues
Une des rues

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Nous traînons un peu sur la place d’armes à la recherche d’un endroit où manger, mais l’alignement de cafétérias proposent toutes les mêmes plats (bœuf ou poulet accompagné de frites). Nous sommes à la recherche de quelque chose de moins gras, mais aucun restaurant proposant de la verdure à des prix décents ne se profile. Finalement, nous nous rabattons sur un restaurant conseillé la veille par la personne de l’office du tourisme et qui visiblement est également mentionné dans le routard. Ce midi, c’est salade !

Repas sain
Repas sain

Nous décidons ensuite de retourner à l’appartement, ranger nos affaires et préparer la suite de notre voyage. Il y a un bus toutes les dix minutes pour Valparaiso donc nous ne nous inquiétons pas et, après avoir réserver une première nuit dans une auberge, nous prenons le métro (en payant notre billet cette fois) direction la gare de bus. En effet, arrivés à 18h, nous obtenons une place sans soucis dans le bus de 18h10. C’est parti pour de nouvelles aventures !

Rapa Nui, perdue au milieu du Pacifique – Partie 2

Rapa Nui, perdue au milieu du Pacifique – Partie 2

Ile de Pâques du 6 au 10 février – Partie 2, du 8 au 10 février

Jour 2 : exploration du territoire

Aujourd’hui un long parcours nous attend pour découvrir l’intérieur des terres et la côte ouest. C’est un parcours que l’on peut faire à pied, à vélo ou à cheval : les routes ne sont pas toutes ouvertes aux voitures. En parlant de chevaux : ils sont en semi-liberté sur l’île, y compris en ville ! Si vous souhaitez en louer un, il faut prévenir au moins 24h avant le propriétaire pour qu’il retrouve son cheptel.

Nous passons par l’intérieur des terres et après 8 km nous arrivons au pied du volcan Rano Aroi, point culminant de l’île avec ses 510 mètres. Le chemin n’est pas complètement indiqué mais nous visons le sommet que nous finissons par atteindre au bout d’une bonne heure. Celui est repérable grâce à un crâne de cheval planté sur un pic. Nous verrons d’autres crânes un peu partout sur l’île et Thomas m’explique qu’ici quand un animal meurt, le propriétaire laisse la carcasse sur place « pour faire du compost ». Nous croiserons effectivement quelques carcasses, cela donne un petit côté Far West au lieu !

Sur la route
Sur la route
Cadre naturel
Cadre naturel
Chevaux presque sauvages
Chevaux presque sauvages
Vue sur Hanga Rua
Vue sur Hanga Rua
Des fleurs
Des fleurs
En chemin
En chemin

Toujours est-il que nous bénéficions d’une vue incroyable avec la mer à 360 degrés ! On vous confirme que la terre est ronde, c’est très étrange de ne voir que de l’eau partout. Il faut dire que le continent le plus proche est à 3700 km et l’île la plus proche à 2000 km.

Vue à 360 degrés
Vue à 360 degrés
Crâne au sommet
Crâne au sommet
Au sommet de Rano Aroi
Au sommet de Rano Aroi

La descente est très facile et l’on croise pas mal de chevaux, vivants ceux là. Nous continuons ensuite vers l’un des sites historiques historiques de l’île où nous visitons des petites grottes. L’exploration souterraine est sympa car l’on ressort sous un figuier au milieu d’un champ.

En descendant la montagne Maunga Terevaka
En descendant la montagne Maunga Terevaka
L'intérieur de la grotte
L’intérieur de la grotte
Sortie de la grotte, bien cachée
Sortie de la grotte, bien cachée

Nous nous dirigeons ensuite vers la mer pour la longer. C’est l’occasion de voir des ahu, les autels de pierre servant souvent de piédestal pour les Moai. Nous traversons les champs au milieu des vaches et des chevaux. Pas d’incident à déclarer même si nous étions un peu sur la défensive : en Norvège nous avions été presque attaqués par des vaches aussi depuis nous nous méfions.

La côte
La côte
Face à la mer
Face à la mer
La côte
La côte
Soleil et mer
Soleil et mer

La mer est belle, mais les kilomètres commencent à se faire sentir : notre parcours en fait quand même 24 ! Après une pause au pied des Moai tout proche du centre, nous nous installons en terrasse pour déguster une bière locale, très bonne !

Le port au soleil couchant
Le port au soleil couchant
Sur le port
Sur le port
Surfeur
Surfeur
La pause d'impose
La pause s’impose

Nous regagnons nos pénates pour dîner et dormir après cette magnifique journée !

Jour 3 : immersion à l’époque des Moai

Petite introduction sur les Moai

Je vous parle de Moai depuis le début de l’article, il s’agit des statues de pierre érigée voilà quelques siècles par les premiers habitants de l’île. Ces statues représentent leurs ancêtres mais il est difficile d’en savoir plus du fait de la perte des connaissances ancestrales.

Les Moai varient entre 1 mètre et 10 mètres de haut pour ceux qui sont érigés. Le plus grand, mais non terminé, mesure environ 21 mètres et son poids est estimé à 470 tonnes. Ils sont majoritairement en tuf et taillé sur la carrière du volcan Ranu Raraku.

Leur transport jusqu’aux différents ahu – autel – de l’île est resté, et reste, énigmatique. Différentes théories ont été imaginées au cours des siècles. Celle qui semble la plus cohérente explique que les Moai étaient transportés debout : leur base un peu courbe permettait des les faire basculer tels d’énormes culbuto. Cela pouvait ainsi prendre jusqu’à deux ans pour les amener à destination !

L’arrêt de leur conception peut s’expliquer soit par l’absence de bois sur l’île soit par des conflits de plus en plus nombreux entre les tribus qui les auraient poussé à imaginer d’autres systèmes politiques et culturels, d’où le passage au culte de l’homme-oiseau.

La pluie nous a rattrapée… nous hésitions entre louer un quad ou une voiture pour faire le tour de l’île, la question ne se pose plus, cela sera voiture !

Nous passons chez deux loueurs et finissons par louer un 4×4, tellement vieux que la gérante nous fait directement une ristourne de 5 000 pesos. La location reste néanmoins coûteuse (45 000 pesos soit près de 70€ pour 24h), nous sommes contents d’avoir parcouru une partie de l’île à pied. Nous achetons ensuite nos empanadas pour le pique-nique et sommes prêts.

En route vers l’est de l’île, par le sud, en roulant à 40 km/h maximum du fait de l’état du véhicule dont les vitres vibrent à plus forte allure, mais aussi à cause de l’état de la route. En plus, vaches et chevaux y circulent à leur rythme et n’ont pas du tout peur des voitures. L’île est petite, mais avec toutes ces contraintes, il faut du temps pour en faire le tour !

Vaches sur la route
Vaches sur la route

Nous allons donc d’ahu en ahu – ahu Hanga Tee, ahu Ura Uranga Te Mahina, ahu Akahanga, ahu Orai, ahu Runga Va’e, ahu Hanga Tetenga – dont certains avec Moai mais la majorité des géants est au sol. Nous sommes pour l’instant un peu déçu et la pluie n’aide pas à nous remonter le moral. L’île possède pourtant plus de 800 géants de pierre, où sont-ils ?

Une frégate
Une frégate
Tête de Moai
Tête de Moai
Un des ahu
Un des ahu
Près de l'ahu : les coiffes des Moai au sol
Près de l’ahu : les coiffes des Moai au sol
Cercle de pierre à la fonction méconnue
Cercle de pierre à la fonction méconnue

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Un autre Moai couché
Un autre Moai couché

Nous arrivons enfin à l’un des points forts du tour : la carrière de Rano Raraku, seul endroit de l’île où étaient taillées les fameuses statues. Rien que sur ce site, il y en a encore plus de 400, à différents stades de conception. Là, c’est magique ! Enfin on voit ces géants aux regards impénétrables, figés depuis plus d’un siècle. Certains trônent, d’autres sont encore couchés. Le plus grand, mais au sol, mesure 21 mètres. On se perd dans le temps et entre les allées pendant au moins une heure avant d’aller voir le cratère où vaquent quelques chevaux non loin des Moai. C’est dur de quitter le site, mais il nous reste encore d’autres sites à explorer.

Ranu Raraku de loin
Ranu Raraku de loin
Arrivée dans la carrière
Arrivée dans la carrière
Entrée de la carrière de Rano Raraku
Entrée de la carrière de Rano Raraku
Thomas face au Moai
Thomas face au Moai

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La carrière
La carrière

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La côte, presqu'Irlandaise
Le site d’Ahu Tongariki au loin
Cheval et Moai, un condensé d'île de Pâques
Cheval et Moai, un condensé d’île de Pâques

Nous partons vers Ahu Tongariki, la où trônent fièrement 15 Moai. C’est le plus grand ahu encore en place. Le contraste entre l’herbe verte et la mer d’un bleu sombre renforce la puissance des lieux et l’on profite du site quasi désert pour pique-niquer et profiter.

Le site d'Ahu Tongariki vu de Rano Raraku
Le site d’Ahu Tongariki vu de Rano Raraku
L'Ahu Tongariki
L’Ahu Tongariki
Ahu Tongariki
Ahu Tongariki
L'ahu Tongariki
L’ahu Tongariki
L'Ahu Tongariki
L’Ahu Tongariki
Qu'ils sont grands !
Qu’ils sont grands !

L’arrêt suivant est la plage de Ovahe,  l’une des deux plages de l’île mais elle est minuscule et difficile d’accès ! En plus, il se met à pleuvoir, on repart vite fait dans notre super voiture et l’on roule jusqu’à la plage d’Anakena, bien plus grande et plus belle. Il y a même 7 Moai qui nous observent c’est assez chouette.

La plage de Ovahe
La plage de Ovahe
La plage d'Anakena et ses Moai
La plage d’Anakena et ses Moai
Les Moai près de la plage d'Anakena
Les Moai près de la plage d’Anakena
Sur la plage d'Anakena
Sur la plage d’Anakena

Comme le soleil est revenu, nous enfilons nos maillots et pique-nique une tête dans le Pacifique. L’eau est très bonne !

Nous retraversons ensuite toute l’île pour voir un dernier site, celui de Vinapu. Il s’agit juste d’un Ahu, nous ne descendons même pas de la voiture et regagnons notre cabane pour une douche bien méritée. Il est l’heure de se faire beau pour retourner en ville et profiter du défilé. L’ambiance se fait sentir dès que l’on sort de la cabane car nous croisons pas mal de piétons en tenue traditionnelle, c’est-à-dire assez peu vêtus mais le corps couvert de terre ocre.

Nous voyons ensuite les premiers chars, décorés avec des plantes, des sculptures… les danseurs suivent, enchaînant les démonstrations. Il semblerait que la majeure partie des personnes, y compris les touristes, jouent le jeu à fond et sont en tenue ! C’est très vivant et cela dure des heures !

Extrait du défilé
Extrait du défilé

paques-j3-festival

Nous suivons un peu le cortège puis décidons d’aller manger au restaurant. Malheureusement, ceux qui sont sur le passage de la foule sont fermés et les autres ne prennent que sur réservation. Nous craquons alors pour une excellente brochette de viandes achetées à l’un des stands improvisés. Cela ne contente pas nos estomacs, nous retournons à la recherche d’un restaurant et finissons par en trouver un qui nous tente et qui sert encore à 22h30. Je prends du poisson sauce coco, mangue et ananas et Thomas prend un bon morceau de viande. Tout est très bon et très copieux, au point que nous ne parvenons pas à finir et demandons un doggy bag !

Enfin rassasiés, nous rejoignons le lieu de la fête pour danser un peu. Pas d’accordéon cette fois mais des groupes lives de reggae. Beaucoup de jeunes ont envahi la place et cela me rappelle un peu les Fest Noz sur le port ou alors un festival ! Nous restons là jusqu’à 2h passées puis allons nous coucher.

Fin d’une journée haute en couleur !

Jour 4 : un dernier tour en ville

Notre séjour s’achève déjà sur cette jolie île perdue au milieu de l’océan.

Première étape : aller faire le plein à la seule station service de l’île qui ne vend qu’un seul type d’essence puis rendre la voiture.

Nous partons ensuite à pied vers le nord de la ville dans le but de voir une dernière fois les Moai et visiter le petit musée. Peine perdue ! Il est fermé pour travaux et en plus il pleut des cordes ! Nous disposons donc d’un peu de temps pour savourer un café bien tassé sur le port afin de nous réchauffer et avons même la chance d’apercevoir une tortue !

Un dernier café
Un dernier café
Le port et l'embarcation traditionnelle en feuille de bananier au premier plan
Le port et l’embarcation traditionnelle en feuille de bananier au premier plan
Extrait des nombreux hibiscus de l'île
Extrait des nombreux hibiscus de l’île

De retour à la cabane, nous mangeons les restes du repas de la veille et faisons nos sacs. Puis nous rejoignons à pied l’aéroport pour notre avion de 15h en direction de Santiago.

La suite, au prochain épisode !

Rapa Nui, perdue au milieu du Pacifique – Partie 1

Rapa Nui, perdue au milieu du Pacifique – Partie 1

Ile de Pâques du 6 au 10 février – Partie 1 : les 6 et 7 février

Une journée de 48 heures

Thomas vous a raconté le début de notre journée du 6 jusqu’à l’arrivée à l’aéroport. Je prends la suite.

Une fois les enregistrements effectués nous pouvons attendre sagement notre avion prévu à 18h25. Après une nuit dans l’avion nous arrivons à Santiago de Chile le… 6 février, à midi ! Nous devons ensuite attendre quelques heures pour prendre l’avion vers l’île de Pâques à 18h20. C’est assez étrange de prendre deux avions à la même heure et le même jour !

Nous mettons les pieds sur l’île de Pâques vers 23h00, sans trop savoir quel jour nous sommes ni quelle heure car il y a deux heures de moins ici qu’à Santiago !  

Avant même de récupérer nos bagages, on nous pousse fortement à acheter nos tickets d’entrée pour le parc, une guérite prévue à cet effet est installée dans le couloir d’arrivée. Ce pass est obligatoire pour sortir de la ville d’Hanga Roa, car l’île est le parc national. Notre pass a été vérifié pour tous les sites de l’île.

Nous décidons ensuite de rejoindre notre logement, une cabane réservée sur Airbnb, à pied car l’aéroport est dans la ville. Les rues ont bien des noms mais pas les ruelles, en terre. Le GPS n’est pas très utile non plus et nous voilà plantés dans la rue sans savoir où aller. Nous avisons un passant et lui demandons s’il connaît la maison de notre hôte. Malheureusement non, mais il propose d’aller demander à un ami qui habite non loin de là. Nous voilà donc en train de suivre un inconnu sur un chemin de terre éclairé seulement par le clair de lune. Autant dire que je me suis demandée si c’était vraiment une bonne idée ! Après 10 minutes de marche nous parvenons à la maison de l’ami en question. Notre guide nous présente comme des amis et demande s’ils connaissent notre hôte. Oui ! Mais ce n’est pas ici, il faut revenir sur nos pas. Et là, comble de la gentillesse, notre guide et son ami nous emmènent en voiture jusqu’à notre logement !

Nos hôtes sont sur le pas de la porte et commençaient à s’inquiéter pour nous. Ils nous accueillent à bras ouverts et nous montre la cabane, petite mais propre et agréable.  Elle possède une salle d’eau, une chambre et un salon/salle à manger. C’est parfait pour la suite du séjour. Nos hôtes nous conseillent d’aller en ville prendre un verre pour le festival de l’île mais il est plus de minuit et il est temps que cette journée du 6 se termine. Nous déclinons et nous couchons.

Quelques repères chronologiques

  • En 800 ou 1200 : arrivée des premiers colons polynésiens venus des Iles Marquises en pirogue à balancier et début du culte des ancêtres, représentés par les Moai, ces grandes statues construites au regard de la richesse de la tribu commanditaire car les ouvriers étaient payés en nourriture et la taille de la roche pouvait prendre 2 ans
  • Entre 1500 et 1600 : changement de culte au profit du culte de l’homme-oiseau
  • 1770 : arrivée des premiers espagnols (la découverte de l’île par les européens date de 1722, mais personne n’en faisait grand cas)
  • 1859-1863 : les marchands d’esclaves péruviens embarque une grande partie de la population pour l’emmener dans les mines, avec capture et massacre des guerriers, des prêtres et du prince héritier
  • 1860-1870 : la population décline encore à cause des maladie européennes
  • 1864 : début de l’évangélisation des habitants restants
  • 1888 : annexion de l’île par le Chili
  • 1888 (?) – 1953 : concession de l’île aux anglais pour l’élevage intensif de moutons et les habitants sont parqués dans la réserve, autour de la ville
  • 1966 : les habitants reçoivent la nationalité chilienne et sont libres de quitter la réserve et l’île
  • 2007 : l’île devient un “territoire spécial” mais dépend toujours de la province de Valparaiso
  • 2017 : arrivée de Thomas et Irène sur les lieux

Pour notre visite nous allons remonter le temps, de la découverte de la vie locale à l’immersion dans le monde de Moai, ces fameux géants de pierre.

Et quelques repères géographiques

Carte de l'île
Carte de l’île avec tous les « ahu » (autel)

L’île est assez petite, 162 km², de forme triangulaire avec un volcan à chaque pointe : Rano Kau au sud-ouest, Rano Raraku à l’est et Rano Aroi au nord-ouest. Ce dernier est le point culminant de l’île avec ses 510 mètres.

Au total, plus de 70 volcans, heureusement tous éteints depuis un bon millier d’année, façonnent le paysage de l’île en une multitude de collines et monts.

Il n’y a qu’une seule ville, Hanga Rua, où se concentre la grande majorité des habitants (autour de 3500).

Jour 1 : excursion dans le sanctuaire de l’homme-oiseau

Nous nous réveillons vers 10h après une nuit un peu compliquée du fait des bruits des chiens, des coqs et des chevaux, puis partons à la découverte de Hanga Roa. Les rues principales sont pavées mais la terre battue domine donnant une couleur ocre au décor. Les restaurants et échoppes touristiques vendant statues et paréo s’alternent dans les rues. Des marchands de rue proposent des ananas et quelques autres légumes. Nous craquons pour un petit ananas que nous mangeons dans la rue. Il est délicieux ! Nous achetons également des empanadas, sorte de chaussons fourrés à la viande, aux légumes,… selon les recettes. Nous finissons cette virée en ville par l’office du tourisme : la dame est particulièrement peu aimable. On lui demande un plan des : “vous n’avez pas eu de plan à l’hôtel?”, on lui demande des idées de randonnée “vous avez l’échelle sur la carte, vous ne pouvez pas calculer?” et enfin on lui demande le programme du festival “il n’y en a plu”. Bon, merci au revoir…

Hanga Rua : le point wifi
Hanga Rua : le point wifi
Hanga Rua
Hanga Rua
pause ananas
pause ananas
L'église d'Hanga Rua
L’église d’Hanga Rua
Le port de Hanga Rua
Le port de Hanga Rua

Après ce désagrément, nous retournons à la cabane pour y manger nos empanadas puis nous équipons pour explorer le sud-ouest de l’île.

Notre petite cabane
Notre petite cabane

En route donc pour l’un des trois principaux volcans de l’île. Non seulement nous ne nous attendions pas à un paysage si vallonné mais nous avons une autre surprise positive : l’île est très verte, un beau vert émeraude, et il y a quand même des arbres un peu partout. Nous étions préparé à quelque chose de plus hostile compte tenu de l’histoire des lieux que je vous conterai dans un second temps pour ne pas troubler le récit.

Une maison sur la route
Une maison sur la route
Le chemin bien aménagé à travers une propriété
Le chemin bien aménagé à travers une propriété
Belles vagues
Belles vagues

J’en reviens donc à notre excursion vers le volcan Rano Kau. Cela grimpe un peu mais les paysages sont très beaux, surtout que le soleil brille. Nous parvenons au cratère qui se découpe sur la mer. En son centre, un lac couvert de végétation diverses. Nous prenons quelques photos puis allons sur le site d’Orongo jouxtant le cratère. Ce site servait pour le culte de l’homme-oiseau (Tangata Manu), pratiqué pendant une centaine d’année jusqu’au début du siècle. je vous en parle de façon plus détaillée dans la suite de l’article. Nous nou promenons parmi les vestiges subsistant : les abris où les chefs et prêtres restaient pour se préparer à la compétition et quelques pétroglyphes.

Panorama à Rano Kau
Panorama à Rano Kau
Le lac au coeur du cratère de Rano Kau
Le lac au coeur du cratère de Rano Kau
Le site d'Orongo
Le site d’Orongo
Le site d'Orongo
Le site d’Orongo
Les îlots, cibles de la compétition
Les îlots, cibles de la compétition
Pétroglyphes sur le site d'Orongo
Pétroglyphes sur le site d’Orongo

Au retour, nous poussons jusqu’au nord de la ville pour admirer les Moai au soleil couchant.

Les Moai de Tahai
Les Moai de Tahai
Détail du seul Moai avec des yeux en corail conservé à ce jour
Détail du seul Moai avec des yeux en corail conservé à ce jour
Les Moai de Tahai au soleil couchant
Les Moai de Tahai au soleil couchant
Au soleil couchant, un spectacle sublime
Au soleil couchant, un spectacle sublime

Nous rentrons ensuite à la cabane pour dîner puis sortons en ville pour profiter des événements : nous sommes en plein dans la période du festival Tapati qui dure 15 jours. Nous n’aurons pas la chance de participer aux activités physiques (descente de volcan sur des feuilles de bananier, courses en portant un régime de bananes…) mais tenons à aller aux soirées.

Nous arrivons sur les lieux vers 23h et tombons sur un concours d’accordéon ! Nous ne nous y attendions pas du tout. Les concurrents défilent un à un sur scène pour jouer un morceau et sont notés par un jury. Après 1h30 d’accordéon, place aux guitares. Nous sommes à deux doigts de rentrer car la soirée n’est pas très dynamique quand enfin justement les danseurs arrivent sur scène. Il y a bien une vingtaine de musiciens et une centaines de danseurs et danseuses, tous vêtus en tenue traditionnelle. Nous profitons du spectacle pendant une bonne trentaine de minutes puis rentrons nous coucher vers 1h.

La scène du festival et les danseurs
La scène du festival et les danseurs

Un peu d’histoire :

Les arbres ont souffert pour de multiples raisons au cours de la colonisation des lieux :

  • L’utilisation par les premiers habitants, arrivés en 800 environ en pirogue depuis la Polynésie,  tant pour leur bateau que pour brûler les morts. Un site à été découvert avec plus de 80 kg de cendre par exemple.
  • Autre raison la multiplication du nombre d’habitants allant jusqu’à 15 000 à certaines périodes  (contre un peu moins de 4000 aujourd’hui).
  • Enfin, lorsque l’île est devenue chilienne, le pays l’a mis en concession auprès des anglais qui y ont amené des milliers de moutons : les habitants ont été parqués en ville et les moutons étaient en liberté… les arbres ont été arraché pour gagner en espace herbeux.

Pour continuer sur les malheurs des pascuans, leur nombre a grandement chuté (jusqu’à 110 habitants) suite à la mise en esclavage par le Pérou qui est venu chercher de la main d’oeuvre pour ses mines. Beaucoup y périr. Quelques survivants furent délivrés et rapatriés sur l’île mais la plupart moururent pendant la traversée.  Seules 15 personnes retournèrent à leurs familles mais, porteuses de maladies sources de mortalité pour les locaux, non immunisés. Cette disparition massive de la population explique en grande partie la perte de connaissance des mythes et traditions : les détenteurs du savoir ont disparus dans un laps de temps très court. Les missionnaires ont fait le reste en détruisant les Rongo-Rongo, sorte de pierre de rosette, où était consignée une partie des traditions. Bref, tout cela fait que cette île est devenue une terre de légende où mille théories sont possibles.

Le culte de l’homme-oiseau :

Les chefs des différentes tribus se réunissaient chaque année pour nager jusqu’à l’îlot voisin, Motu Nui, en bravant les courants et les requins. Ils restaient ensuite sur l’îlot jusqu’à ce que l’un d’entre eux trouve le premier oeuf de manutara, sterne migratrice. L’oeuf volé, tout le monde rentrait sur l’île principale. Le vainqueur devenait alors une sorte de demi-dieux et passait une année à méditer avant de prendre une part active aux décisions locales. J’en profite pour parler d’une autre coutume : les jeunes filles en âge d’être mariée étaient enfermées 6 mois, nues, dans une grotte pour que leur peau blanchisse. Pendant cette période, les lèvres vaginales étaient massées et étirées (parfois jusqu’à 8 centimètres). Suite au concours de l’homme-oiseau, toutes les jeunes filles s’allongeaient nues devant les chefs et prêtres et leurs lèvres étaient mesurées. Celle qui avait les plus longues était choisie pour être là femme de l’homme-oiseau. La dernière femme mariée dans ces circonstances est décédée en 1948 ! Voilà pour l’explication simplifiée du culte.