Copacabana et l’île du soleil

Copacabana et l’île du soleil

Du 15 au 17 avril

Jour 1 : découverte de Copacabana

Le bus pour Copacabana passe à 7h devant notre auberge et nous y récupère avant d’aller au terminal de bus.

Après un trajet sans intérêt notable, nous parvenons à Copacabana sur les coups de 10h30.

Barque et lamas
Barque et lamas
Sur la place de San Pedro de Tiquina
Sur la place de San Pedro de Tiquina
Sur le petit port animé
Sur le petit port animé

Notre premier objectif est de trouver un logement car hier tout était réservé ou coûteux pour les logements en ligne. Nous entrons dans la première auberge venue : il y a de la place à prix raisonnable. Comme c’est le week-end pascal, nous ne cherchons pas plus loin et nous installons donc à l’hôtel Robyn pour 40 soles. La chambre est très correct mais il n’y a qu’un seul toilette-douche pour l’ensemble des occupants.

Nous visitons ensuite la ville, très encombrées où s’entassent des milliers de gens à l’occasion de Pâques : nombreux vendeurs de fruits secs et pop-corn, de grillades, de produits artisanaux mais aussi nombreux touristes. Nous constatons d’ailleurs que les touristes sont locaux et que nous sommes parmi les seuls européens des lieux.

Dans l'une des rues de Copacabana
Dans l’une des rues de Copacabana

Nous dépassons le marché pour descendre vers le lac Titicaca et nous renseigner sur les prix pour se rendre à la Isla del Sol. Les rives du lac sont envahies par des tentes à perte de vue, pas un seul centimètre carré de libre. Les rares espaces vides sont couverts de détritus, c’est vraiment très sale.

Dépités, nous montons vers la cathédrale, qui elle est une excellente surprise ! Nous découvrons un grand édifice blanc, un peu aux allures de mosquée avec ses tours. Les sommets de l’édifice sont couverts de carrelages à dominante verte et aux touches de roses et oranges. L’intérieur est un peu moins intéressant, à part la Virgen de la Candelaria, aux traits de princesse Inca et à la robe volumineuse. Nous profitons du frais et du calme en dizaine de minutes avant de retourner sur le parvi.

La cathédrale majestueuse
La cathédrale majestueuse
Face à la cathédrale
Face à la cathédrale
Porte de la cathédrale
Porte de la cathédrale

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Un des stands en face de la cathédrale
Un des stands en face de la cathédrale

En sortant, nous remarquons des voitures très fleuries et parfois même chapeautées : ce sont les voitures qui se font baptisées ! La ville attire des gens de tout le pays et du Pérou pour baptiser leur véhicule. Nous lisons dans le guide que cela attire jusqu’à  50 000 véhicules le 5 août !

Une voiture fraîchement baptisée
Une voiture fraîchement baptisée
Une bolivienne typique
Une bolivienne typique

Avec tout ça, nos estomacs se manifestent. Nous arrêtons notre choix sur un des nombreux restaurants qui proposent un menu complet pour 20 soles. Rassasiés, nous parcourons encore quelques rues avant de grimper en haut du cerro Calvario.

Avant de tenter l’ascension, nous souhaitons retirer de l’argent : les deux distributeurs qui acceptent la Mastercard sont hors service. Nous comptons nos deniers et avons tout juste de quoi repartir de la ville… c’est raté pour aller sur l’île demain ! Avec un peu d’espoir les distributeurs refonctionneront un peu plus tard…

Nous allons donc vers le Cerro. Le chemin est majoritairement emprunté par les fidèles, mais on remarque régulièrement des sorciers capables de prédire l’avenir, guérisseurs et liseuses des lignes de la main. Un doux mélange donc, qui ne gêne personne. Au sommet, une belle vue sur le lac certes, mais des montagnes de déchets et beaucoup de personnes alcoolisées… nous redescendons vite fait et à mi-hauteur de la colline, nous trouvons un coin tranquille pour admirer les lueurs du couchant.

Copacabana
Copacabana

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Coucher de soleil sur le lac Titicaca
Coucher de soleil sur le lac Titicaca
lumière du couchant sur les bords du lac
lumière du couchant sur les bords du lac

En repassant dans le cette, nous tentons en vain de retirer de l’argent. Heureusement, certains restaurants acceptent la carte bancaire : nous pourrons donc manger ce soir et prendre le bus pour Puno le lendemain. Un peu déçu par cette histoire de sous, nous retournons à l’hôtel pour nous reposer une bonne heure. Sur les coups de 20h, nous sortons manger. Thomas prend un bon hamburger de lama et moi un menu avec soupe de cacahuète et spaghettis carbonara. Tout est très bon. Au moment de payer, bien sûr, le serveur nous dit que le lecteur de carte bancaire ne fonctionne pas. Sauf que nous n’avons pas de quoi régler en espèce. Il nous conduit dans un autre restaurant, sur la porte duquel il n’y a que le symbole Visa. Il passe derrière le comptoir sans rien dire et utilise la machine à carte. Ça fonctionne ! Un peu de stress donc mais ouf, on arrive à payer !

Pour finir cette drôle de journée, nous faisons une dernière tentative au distributeur : ça fonctionne aussi ! On est riche ! Pour fêter cela, nous achetons des pralines pour Thomas et des boucles d’oreille pour moi. Ma collection par pays s’agrandit. Il est par contre trop tard pour acheter les billets de bateau pour l’île du soleil, nous irons demain matin !

Jour 2 : l’île du soleil

Le réveil sonne à 7h, nous plions rapidement bagage en séparant les rares choses dont nous aurons besoin sur l’île et ce que nous comptons laisser à l’hôtel pour une nuit. Nous arrivons au port vers 8h10 et achetons deux billets aller pour l’île. Initialement, nous voulions être déposés au nord pour traverser à pied jusqu’au sud, mais nous apprenons que les bateaux n’y vont pas de fait de troubles locaux. Tant pis, nous commencerons par le sud et verrons sur place.

La traversée est agréable : le soleil brille et le lac est plat. Il est vraiment immense, souvent qualifié d’ailleurs de plus haut et grand lac navigable au monde (techniquement, un lac au Venezuela est encore plus grand et tout aussi haut mais n’a pas le statut de “navigable” car moins profond). Nous longeons les rives du lac et parvenons en un peu moins de deux heures sur l’île du Soleil où nous débarquons. Quelques autres personnes se rendent d’abord sur l’île de la Lune car ils ont un billet journée pour un tour organisé mais ce n’est pas notre cas. Nous voilà donc sur le soleil ! Nous payons les droits d’entrée, pour la communauté indienne Aymara, ensuite nous escaladons les marches qui mènent au coeur de Yumani, village principal de l’île.

Copacabana s'éloigne
Copacabana s’éloigne
Vers l'île
Vers l’île
Sur le lac
Sur le lac
L'accueil par les Incas
L’accueil par les Incas

Notre objectif est de trouver un logement. Nous sommes accostés par une petite dame qui nous montre ses chambres mais nous ne sommes pas convaincus. Thomas avait repéré une adresse sur un blog mais quand nous arrivons devant cela semble délabré. Après avoir testé encore une adresse, nous entrons au hasard dans la cour fleurie d’un hôtel. Il y a bien des chambres, à 50 bolivianos avec salle de bain privative. Cela nous semble un peu cher et demandons s’il y en a avec salle de bain partagée. Le gérant ouvre alors la porte d’une chambre où les toilettes sont cassés mais le lavabo fonctionne. En plus il y a une vue parfaite sur la Cordillère Royale et bien sûr sur le lac, le tout pour 40 soles. Nous acceptons aussitôt !

Vue depuis l'hôtel
Vue depuis l’hôtel
Même sur la Isla del Sol
Même sur la Isla del Sol

Une fois délestés de nos petits sacs, nous demandons à notre hôte s’il est possible d’aller au nord. D’après lui, non, les troubles subsistent. Nous pouvons néanmoins tenter mais si nous voyons un drapeau rouge, il ne faut pas passer. Bien, nous verrons donc plus tard. En attendant, nous parcourons les dédales de rues pavées jusqu’à l’un des points de vue : le Cerro Chequesani, à 4075 mètres au-dessus du niveau de la mer. Nous nous essouflons toujours assez vite en montée à cause de l’altitude mais sommes néanmoins rapidement au sommet où nous bénéficions d’une vue magnifique sur l’île et le lac. C’est très beau et nous profitons de la beauté des lieux jusqu’à l’heure du déjeuner tout en observant les habitants avec leurs ânes et cochons.

Vers l'école
Vers l’école
Habitants au retour du champ
Habitants au retour du champ
Une des terrasses qui nous tentaient bien
Une des terrasses qui nous tentait bien
Cultures en terrasse
Cultures en terrasse

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Une maison en ruine
Une maison en ruine

En descendant, nous apercevons un drapeau rouge sur la route qui mène au nord : impossible donc d’y aller. Nous déjeunons en terrasse, une bonne truite pour moi et un bon burger pour Thomas. Cela a des airs de vacances. Nos voisins de table, français, ont l’accent du sud et n’arrêtent pas de parler de la Corse, ce qui renforce cette impression de vacances. Nous apprenons au détour de la conversation que les troubles opposent les deux villages du nord, le premier ayant construit une auberge un peu trop près de ruines classées au goût du deuxième.   

Comme de toute façon, nous ne pouvons pas aller au nord, nous nous attardons en terrasse jusqu’à ce que nous soyons seuls pour savourer les lieux.

Nous décidons ensuite de nous rendre à la plage en contrebas. Avec une moyenne de 10 degrés, le lac est frais mais les abords sont agréables et nous y restons plus d’une heure à lire au calme et au soleil.

Face au lac
Face au lac
Un des petits ports
Un des petits ports
La plage en contre-bas
La plage en contre-bas
La fleur de habas (haricot), très agréablement odorante
La fleur de habas (haricot), très agréablement odorante

Avant que celui-ci ne se couche, nous grimpons, à travers les eucalyptus, jusqu’au sommet de la deuxième colline qui offre une vue imprenable sur la côte et la Cordillère Royale. Nous sommes quasiment seuls, c’est très silencieux. Chacun contemple le coucher du soleil sur l’île et le lac : c’est superbe.

Vue sur Copacabana depuis l'île
Vue sur Copacabana depuis l’île

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Coucher de soleil depuis la Isla del Sol
Coucher de soleil depuis la Isla del Sol
La Cordillère Royale au soleil couchant
La Cordillère Royale au soleil couchant

Nous regagnons l’hôtel aux dernières lueurs du jour. Il était temps car il n’y a pas d’éclairage public et il fait donc nuit noire à 18h30. Nous croisons les derniers paysans avec leur chargement et leurs ânes puis tout est calme. Nous ressortons vers 19h30 avec nos frontales pour aller manger. Nous choisissons un petit restaurant chaleureux, éclairés par des bougies, pour un repas copieux et savoureux, avec bien sûr une soupe de quinoa en entrée. C’est la maman aux fourneaux et le père et les enfants au service. Parfois nous voyons l’un d’entre eux courir à l’épicerie voisine pour acheter les ingrédients manquants.

Nous admirons les étoiles sur le chemin du retour avant de nous réfugier sous les trois couvertures ! Pas de chauffage ici, et les nuits sont fraîches.

Jour 3 : retour en ville et passage de frontière

Il a plu fortement une bonne partie de la nuit. Nous avions mis le réveil à 5h30 pour admirer du lit le lever de soleil sur la Cordillère Royale depuis notre lit, mais bien sûr nous n’avons rien vu. Malgré la pluie et la fraîcheur de la chambre, il nous faut sortir du lit car le bateau du retour est à 10h30. Nous grignotons du pain dans la chambre puis regagnons l’embarcadère où il y a foule ! La pluie nous laisse un peu de répit mais redouble de force vers 10h20. Évidemment, nous avons laissé nos vêtements de pluie sur le continent… En plus, nous voyons des bateaux accostés sur les différents pontons mais aucun n’est le bon. La foule se déplace donc sous la pluie d’un ponton à l’autre. Il est finalement 10h45 quand deux bateaux sont prêts : nous nous y entassons à l’intérieur, au milieu des sacs à dos et de quelques chaises en plastiques ajoutées pour l’occasion. Cette traversée les uns sur les autres, avec des vêtements mouillés et un bateaux qui roule sur les flots, est loin d’être une partie de plaisir ! Nous sommes tous contents de mettre les pieds sur la terre ferme vers midi.

Un des bateaux typiques
Un des bateaux typiques

Thomas et moi achetons le billet de bus pour Puno, au Pérou, avant de nous rendre à l’auberge. Le départ est prévu à 13h30, cela nous laisse le temps de manger un peu avant. Enfin, c’était sans compter le fait que l’hôtel est fermé ! Nous tambourinons sur le rideau de fer, demandons aux voisins, patientons 20 minutes, sans succès. La voisine nous dit que les gérants sont peut être à leur autre hôtel moderne, quelque part en ville. Thomas part donc à la recherche de cet autre hôtel et je reste au cas où quelqu’un arrive. Je continue à frapper de temps en temps et finalement la porte s’ouvre ! Il est 13h, j’attrape les deux gros sacs et marche aussi vite que possible vers le centre, d’où partent les bus. A 13h10, je croise Thomas qui est avec une des dames de l’autre hôtel mais qui marche treeeees lentement. Thomas a donc bien trouvé l’autre hôtel, qui a appelé notre hôtel, c’est pour cela qu’un monsieur a fini par entendre mes coups sur la porte. Tout s’arrange donc mais nous avons bien failli rater le bus avec cette histoire ! Nous avons tout juste le temps d’acheter des saltenas (empañadas boliviennes) et de changer nos derniers bolivianos avant de nous jeter dans le bus. Ouf !

Quelques kilomètres plus loin, c’est la frontière avec le Pérou ! Pas de contrôle des grands sacs mais le contrôle de nos identités des deux côtés de la frontière prend quand même plus d’une heure. Il est ensuite temps de rejoindre Puno, c’est la fin de notre court séjour bolivien.

Synthèse de notre séjour en Bolivie

Ce séjour fut bref du fait de notre manque de temps. Oui manque de temps car nous décollons le 17 mai de Lima, soit dans un mois tout pile et nous souhaitons passer du temps au Pérou. Dans notre programme initial, nous avions prévu plus de temps en Bolivie, notamment pour aller à Sucre, ville coloniale que j’avais beaucoup apprécié la dernière fois, puis aller en Amazonie. Mais nous avons passé plus de temps que prévu en Patagonie et c’est notre durée de séjour en Bolivie qui en a pâtie.

Ce séjour fut néanmoins intense : nous nous sommes plongés dans des paysages magnifiques, immenses et extrêmement variés. Bien sûr, le coucher du soleil sur le salar inondé est certainement le point d’orgue du séjour mais nous n’oublierons pas le calme et la vie simple des habitants de la Isla del Sol.

Nous restons néanmoins mitigés par notre séjour à cause de la pollution : pollution olfactive dans les villes encombrées, pollution sonore du fait du monde qui s’entasse et qui crie sans arrêt pour vendre quelque chose et, enfin, pollution visuelle car le pays est sale, très sale. La population, quelque soit son âge, quelque soit le lieu, prend la nature pour une poubelle et c’est bien dommage ! On pourrait se dire que pourtant avec le culte de la Pachamama (la terre mère) qui perdure, le respect serait plus grand ! Espérons que cela change dans les prochaines années…

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