Tilcara : au coeur des andes argentines

Tilcara : au coeur des andes argentines

Du 4 au 8 avril

Jour 1 : installation à Tilcara

Nous arrivons en début d’après-midi à Tilcara, au coeur de la Quebrada de Humahuaca. Le village semble endormi : les rues en terre battue sont désertes, les petites maisons en pisé semblent inhabitées. Nous rejoignons notre auberge, la Albahaca, en quelques pas car tout est accessible à pied puis nous prenons possession de notre petite chambre. Nous avons la chance d’être installé dans une chambre où il y a seulement deux lits superposés, pas de ronfleur à craindre !

Vue depuis le bus
Vue depuis le bus
Repos sur la terrasse
Repos sur la terrasse
Notre auberge
Notre auberge

Sofia, l’une des employées, nous explique avec force détails les excursions à faire aux alentours : temps de parcours, tarifs, heure conseillée pour s’y rendre… bref nous avons presque notre planning à la journée pour les 3 ou 4 jours que nous comptons passer dans la région.  

Nous partons ensuite à la recherche d’un restaurant sachant qu’il est déjà 15h30. Même pour les argentins, c’est tard et nous ne trouvons qu’un seul petit resto ouvert, le Nordiste. Nous y savourons un Lomito, sandwich à la viande pour Thomas, et une salade de quinoa/tomates/noix/fromage de chèvre pour moi. Tout est très bon, particulièrement le fromage au goût prononcé mais doux. Nous apprenons qu’il s’achète au marché.

Dans les rues de Tilcara
Dans les rues de Tilcara
Une des rues du centre
Une des rues du centre
Maison avec cactus intégré au toit
Maison avec cactus intégré au toit
Dans Tilcara
Dans Tilcara
bon appétit !
bon appétit !

Nous marchons ensuite sur 2 km pour nous rendre au vieux village fortifié précolombien, la Pucara, abandonné à l’arrivée des espagnols. Il est 17h et le site ferme à 18h aussi nous sommes relativement tranquilles et pouvons visiter les minuscules maisons reconstruites, dans les années 1950, sans bousculade. Tout est en pierre et étudié pour résister au vent. Les maisons ne possèdent qu’une ouverture : la porte. Nous n’observons ni fenêtre, ni cheminée. Les corrals sont en contre bas pour l’élevage de lama. Avec les cactus qui parsèment le site, on se croirait au far-west, d’ailleurs on croise même Lucky Luke !

Le point qui sépare la nouvelle de l'ancienne ville
Le point qui sépare la nouvelle de l’ancienne ville
Des lamas !
Des lamas !
Reconstitution
Reconstitution
Les maisons du vieux village
Les maisons du vieux village
Attention à la tête
Attention à la tête
Les petites maisons anciennes
Les petites maisons anciennes
Les corrals vu de loin
Les corrals vu de loin
La vue depuis Pukara
La vue piquante vers la vallée depuis Pucara
Vue vers le nouveau village
Vue vers le nouveau village

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Lucky Luke et une de ses fans
Lucky Luke et une de ses fans

Nous finissons la visite par le cimetière : les morts étaient enterrés en position foetale dans des structures rondes en pierre, souvent dans le cimetière mais parfois aussi dans un coin de la maison. Les tombes sont aujourd’hui vides, mais il est possible d’observer les différents objets retrouvés sur le site au musée archéologique de la ville. Il est trop tard pour y aller aujourd’hui, nous irons donc demain !

Les tombes
Les tombes

Pour le dîner, nous nous joignons au barbecue organisé par l’auberge, dans une autre auberge du même  propriétaire. C’est l’occasion pour nous de discuter avec des canadiens, des allemandes, des italiens et un français. Sofia nous explique que c’est un barbecue à bas prix : ici, les argentins achètent rarement de la bonne viande car elle est chère. Il est ainsi courant d’acheter du poulet et des abats. Nous mangeons donc du poulet, des saucisses, du chorizo plus doux que le chorizo espagnol, du coeur de boeuf. Sont également proposés boudins noirs et intestins mais nous faisons l’impasse sur ces produits. En tout cas c’est très bon et nous finissons la soirée en chantant accompagnés par une guitare.

Jour 2 : les gorges du diable  (garganta del diablo)

Nous prenons notre petit déjeuner en terrasse : ici il fait beau sauf en janvier et février et il fait chaud dès que le soleil brille.

Nous partons vers 10h pour les gorges du diable. Normalement l’excursion dure 3 heures pour 4 km : nous serons donc rentrés pour le déjeuner. Nous traversons de beaux paysages aux couleurs tranchées : le vert des plantes et des cactus ressort bien sur l’ocre de la terre et des montagnes. Nous parvenons en un peu plus d’une heure à l’entrée des gorges, payante. Le site en lui-même est tout petit : il offre d’un côté un petit point de vue sur les gorges et la vallée et de l’autre nous atteignons une cascade de 10 mètres, l’occasion de prendre une petite douche !

Deux belles vaches
Deux belles vaches
Les montagnes alentours
Les montagnes alentours
En chemin
En chemin
Les gorges du diable : nous y sommes
Les gorges du diable : nous y sommes

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En descendant vers les gorges
En descendant vers les gorges
Vers la cascade
Vers la cascade
La jolie petite cascade
La jolie petite cascade

En sortant du site, nous discutons avec le gardien pour en savoir plus sur le nom du lieu : en fait, l’ingénieur qui a travaillé aux chutes d’Iguazu a également travaillé ici et a trouvé une ressemblance entre les deux endroits… Oui, bon, il faut certainement entre ingénieur pour le voir… Nous continuons à grimper pour rejoindre un autre point de vue, sur une autre vallée où les cactus s’étalent à perte de vue. Nous apercevons au loin l’école de la communauté.

Les maisons près des gorges du diable
Les maisons près des gorges du diable

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Devant la vallée
Devant la vallée

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De retour en ville, nous nous attablons à La Cheba où nous goutons des sorrientes, raviolis locales farcies de diverses manières.  Nous choisissons celles au quinoa et chèvre et celles au maïs violet. C’est très bon !

Pour digérer et bien finir cette journée, nous parcourons les 3 salles du musée archéologique. Comme d’habitude, c’est assez désordonné et cela manque d’explications. Cela dit, nous nous attardons devant des récipients du peuple Machu, représentant des visages particulièrement bien dessinés (interdiction de prendre des photos, désolée).

Dans le musée, toit en cactus, cactus et peaux de vaches
Dans le musée, toit en cactus, cactus et peaux de vaches

Nous allons ensuite au marché pour acheter fromage de chèvre et légumes pour ce soir. Le fromage est très bon, parfumé et frais. Il ne nous manque que du miel pour le sublimer.

Jour 3 : randonnée vers Maimara

Aujourd’hui nous avions prévu d’aller en bus à Purmamarca voir la colline des 7 couleurs, puis à Maimara pour contempler la Palette du Peintre. C’était sans compter la grève générale des transports, y compris des taxis ! Dommage pour nous… nous ne pourrons donc pas aller à Purmamarca.

Nous prenons donc notre temps et déjeunons à l’auberge. Nous décollons vers 15h pour nous rendre à pied à Maimara, à 6 km de là. Le chemin n’est pas marqué et même avec le GPS, nous ne faisons que suivre une direction, en suivant le Rio Grande, en réalité bien petit.

Nous traversons une très jolie vallée verdoyante et cultivée. Les champs de légumes s’alternent avec les champs de fleurs, qui viennent agréablement colorer les lieux. De plus, la Palette du Peintre domine ce paysage, apportant toutes les nuances des minéraux. C’est sublime et nous faisons de nombreuses pauses pour en apprécier les variations. Nous observons également les paysans dans les champs : le travail se fait encore à la force des bras et des ânes.

Les bords secs du Rio Grande
Les bords secs du Rio Grande
Thomas devant la Palette
Thomas devant la Palette
La Palette du Peintre
La Palette du Peintre
Des briques qui sèchent
Des briques qui sèchent
Dans un champ
Dans un champ
Un des champs de cette petite vallée verdoyante
Un des champs de cette petite vallée verdoyante

Après 1h45 de marche, nous parvenons à la petite bourgade de Maimara, composée d’une rue principale et nous dirigeons vers la micro brasserie conseillée par notre auberge. Nous la trouvons à 1 km de là et sonnons à la porte. Une petite dame adorable nous fait rentrer et s’excuse car son tablier est un peu sale. Sa bonne humeur est contagieuse et elle nous explique plein de choses. Nous découvrons ainsi que “Albahaca”, le nom de notre auberge, signifie basilic. Dans cette région, lors d’une fête, si le jeune homme offre un brin de basilic à une jeune fille sous le soleil de midi, il la demande en mariage et si elle prend le brin, c’est qu’elle accepte. Nous avons aussi vu les différentes plantes de quinoa et appris que le maïs changeait de couleur, mais pas de goût, en fonction des minéraux présents dans la terre. Enfin, nous goûtons des bouchées de Dulce de Leche de chèvre avec du quinoa soufflé. Nous repartons de là avec basilic et bières.

Du maïs de toutes les couleurs
Du maïs de toutes les couleurs

Au retour, nous passons devant le cimetière, un des points d’intérêt de la région. Il est construit en palier, à flanc de colline et est hyper coloré grâce aux fleurs artificielles à foison.

Dans les rues de Maimara
Dans les rues de Maimara

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Le cimetière de Maimara
Le cimetière de Maimara
Le Christ en robe, pour la Semaine Sainte ?
Le Christ en robe, pour la Semaine Sainte ?
Un des nombreux autels à la Pachamama
Un des nombreux autels à la Pachamama
La Palette du Peintre en fin de journée
La Palette du Peintre en fin de journée
Traversée du Rio Grande
Traversée du Rio Grande
Dernier regard sur la Palette du Peintre
Dernier regard sur la Palette du Peintre

Après ces trois bonnes heures de balades, nous dégustons la bière sur la terrasse de l’auberge et, comme nous sommes un peu feignants, nous décidons d’aller au restaurant. Des pensionnaires de l’auberge nous conseillent une pizzeria, ce qui nous convient très bien. Thomas prend une pizza au roquefort et moi des raviolis ricotta et jambon, à la sauce pesto maison. Nous nous régalons tous les deux : les produits sont frais, bien travaillés et les senteurs bien présentes.

Jour 4 : Humahuaca

En ce dernier jour dans la région, nous partons en bus avec deux italiens de l’auberge pour nous rendre à Humahuaca, 2989 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 40 minutes au nord de Tilcara. Arrivés là-bas, nous tombons immédiatement sur un chauffeur pour aller sur le site de la colline des 14 couleurs. Il nous propose le prix normal pour s’y rendre et nous fixons l’heure de départ à 12h30, ce qui laisse le temps au soleil d’éclairer les montagnes et à nous de découvrir ce village.

La place est très touristique : elle est bordée de boutique et des vendeurs ambulants proposent chapelets et chapeaux en masse. Trois attractions majeures : le cabildo et sa tour d’horloge, d’où émerge à midi pile la statue taille réelle de San Francisco Solano ; l’église de la Chandeleur, construite en 1641, avec ses statues habillées, son autel recouvert d’or et ses lambris en bois de cactus ; et enfin, le monument à l’indépendance, démesurément grand par rapport à la taille de la ville !

Humahuarca et ses boutiques touristiques
Humahuarca et ses boutiques touristiques
L'église
L’église
Tours de chapeaux et d'église
Tours de chapeaux et d’église
Une des nombreuses vendeuses
Une des nombreuses vendeuses
La tour et son saint en son sein
La tour et son saint en son sein

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L'escalier menant au monument de l'indépendance
L’escalier menant au monument de l’indépendance
Un des petits cafés de la ville
Un des petits cafés de la ville
Un des nombreux restaurants
Un des nombreux restaurants, où Thomas prendra des empanadas

12h30, nous montons tous les 4 dans la voiture pour 40 minutes de route, jusqu’au point de vue sur la montagne au 14 couleurs, El Hornocal. En chemin, le guide nous explique qu’en fait il n’y a pas 14 couleurs mais 7 comme à Purmamarca. C’est juste que le site est deux fois plus grand. Les couleurs sont dues à différents minéraux (source) :

  • Le saumon : argile rouge + terre + sable (3 à 4 millions d’années)
  • Le blanc cassé : calcaire (400 millions d’années)
  • Le marron et pourpre : plomb riche en carbonate de calcium (80 à 90 millions d’années)
  • Le rouge : fer + argile (3 à 4 millions d’années)
  • Le vert : oxyde de cuivre (600 millions d’années)
  • Le brun sombre : terre + magnésium (1 à 2 millions d’années)
  • Le jaune moutarde : argile + soufre (80 à 90 millions d’années)

Nous voilà à 4350 mètres d’altitude et le vent souffle ! La vue aussi coupe le souffle : c’est absolument splendide, coloré, sauvage. Les courbes s’enchaînent sous nos yeux ébahis, véritables cours de géologie et de tectonique des plaques. Nous admirons les lieux pendant une heure et en profitons pour finir notre fromage avec vue imprenable sur la montagne.

La collines aux 14 couleurs
La collines aux 14 couleurs

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Au retour, nous faisons une pause photo avec vue sur la vallée, très belle aussi. Le guide nous parle des différentes communautés qui habitent dans ces montagnes. Toutes ont pour première langue le castillan. Le quechua est de nouveau enseigné dans les écoles, mais n’est pas la langue initiale.

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Arrivés à Humahuaca, Thomas et moi décidons de nous y attarder un peu pour faire quelques boutiques. Nous avions repéré des lampes en bois de cactus, naturellement ajouré. Finalement, la raison domine : il nous reste un mois et demi de voyage et nous risquons de la casser en route.

A la gare routière, nous voyons un bus partir sous notre nez. Le prochain est censé passer dans 15 minutes. Malheureusement pour nous, il est plein ! Nous voilà à patienter presque une heure pour le prochain, plein lui aussi : nous faisons le voyage debout.

Nous arrivons néanmoins à notre auberge où nous apprenons que la soirée de ce soir, en l’honneur de l’anniversaire de l’autre auberge aura lieu dans un bar voisin et c’est une soirée déguisée. Il existe une boutique de cotillons dans le village : nous y dénichons masques et lunettes pour une poignée de pesos. En sortant, la tong de Thomas cède, après 8 ans de bons et loyaux services. Direction donc la seule boutiques de chaussure de la ville. Il y a bien des tongs mais la pointure de Thomas n’existe pas… il faudra réparer celles-ci avec Scotch et ficelle.

Après un tour rapide du marché artisanal, nous rentrons nous reposer avant la soirée qui débute vers 22h30 par un repas partagé, le locro, sorte de ragoût typique argentin à base de viande, de haricot blanc, de pomme de terre et de maïs. C’est bon et cela tient bien au corps ! Heureusement, la musique démarre : musique traditionnelle argentine puis bolivienne, viennent ensuite des airs plus internationaux. Néanmoins, nous ne connaissons que peu de morceaux, les gens fument et il est déjà 1h du matin : Thomas et moi rentrons dormir.

Jour 5 : changement de pays

Debout ! Notre bus est à 9h15 pour La Quiaca, la ville la plus au nord du pays. 5171 km la sépare de Ushuaia, nous en avons fait du chemin !

Nous y arrivons vers 13h, passons la frontière Argentine-Bolivie à pied sans encombre, il est midi en Bolivie. Je retrouve les petites boliviennes avec leur chapeau, les longues tresses et les grandes jupes en me remémorant mon voyage précédent. En faisant la queue, nous rencontrons deux bretonnes, Clara et Cora, et deux brésiliens, Beatrix et Fernando, avec qui nous discutons voyage et passage en Bolivie.

Nous cherchons la gare ferroviaire, car pour nous rendre à Tupiza, première étape de notre périple bolivien, nous choisissons le train, tout comme nos 4 nouveaux compères de voyage ! Plus long que le bus, mais plus typique et moins cher. C’est même moins cher qu’un billet zone 5 à Paris. Les prix nous font bien sentir que nous avons quitté l’Argentine : avant d’embarquer, nous mangeons pour 10 bolivianos, soit un peu plus d’un euros.

La suite, quand nous la connaîtrons car nous sommes actuellement dans le train, nettoyé à la serpillière pendant le trajet, s’il vous plaît !  

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